CD/Disque
Diam's "Au tour de ma bulle"
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   Un coffret très fourni, qui revient sur l'émouvante tournée 2006 de la jeune rappeuse française.
Parfois, elle fait une pause, regarde le public les yeux brillants et tire la langue en signe d'une joie enfantine et spontanée. Après 2h15 de show vitaminé au Zénith et une tournée française devant des salles combles, Mélanie savoure ce qui lui arrive, et nous avec elle. Dans ce double DVD retraçant un an de concerts à travers la France, la Belgique et le Québec, images et émotions convergent en un seul et même constat. Le bonheur immense d'une jeune artiste qui, après avoir "galéré" un certain nombre d'années, se retrouve dans le rôle de la vedette, propulsée sur le devant de la scène, face à des affluences gigantesques, méritées à force de travail et d'acharnement. Souvent, les documentaires qui suivent pas à pas et en coulisses chanteurs, groupes et musiciens se heurtent au côté "blasé" ou "rock star" de certains, déjà coupés du monde par un statut planétaire. Ici, pendant plus de quatre heures de programme, Diam's ne perd jamais son sourire et son énergie, trop heureuse de croquer ce qui vient à elle, qu'elle se produise devant une "petite" salle de Beauvais où à l'Olympia. C'est là toute la force de ce DVD, restranscrire les plaisirs simples d'une artiste ayant suffisamment les pieds sur terre pour ne pas se perdre dans les vertiges du vedettariat. Une posture à souligner de la part de quelqu'un qui a terminé en tête des ventes de disque en France l'an passé, grâce aux 600 000 exemplaires écoulés de Dans ma bulle.
L'agencement du coffret est d'une grande simplicité formelle. Une galette pour le concert au Zénith de Paris, un disque de bonus avec coulisses, clips et photos, et pour la version collector le même concert enregistré sur deux CD. L'évènement est une sorte d'apogée de la tournée, aussi bien dans l'energie deployée que dans sa mise en scène. Diam's débarque en sortant d'une plate-forme, portée par le hit La boulette. Et le show déroule, plus de deux heures durant, avec rappels et plusieurs instants forts. Il faut remarquer la gestion habile des ambiances, qui alterne à merveille morceaux toniques et d'autres plus "slow", et qui permet d'eviter une demi-heure consécutive de ballades au piano, par exemple. Les jeux de l'artiste avec Dj Dimé, le musicien Marc Chouarain ou ses choristes, rodés après de
nombreuses dates, "fonctionnent" à merveille, et stimulent un public déjà chauffé à blanc. La foule finira d'ailleurs le concert sur les genoux, ce que Diam's ne manquera pas de leur signaler avec sa gouaille habituelle. Les cris redoublent d'intensité lorsque apparaissent les invités Vitaa pour Confessions
nocturnes, Sinik pour Le même sang, ou encore Jamel Debbouze, qui fait une entrée imprévue au moment des remerciements finaux, arrachant presque des larmes à son ancienne protégée. Qui ne se retient pas pour autant de pleurer à la fin du morceau Par amour, ou lorsqu'elle dédicace le concert à sa mère. Emotion toujours lorsqu'elle pointe du doigt l'endroit où elle se trouvait au concert de NTM, quelques années plus tôt. Un seul regret, l'absence de freestyles ou de moments plus "hardcore" qu'on pouvait attendre de la part de celle qui a démarré en mettant en avant son énergie et ses capacités à rapper vite (Suzy). Une lacune certes mineure mais qui témoigne de la démarche d'ouverture de la chanteuse, passée d'un hip-hop véhément et underground à une musique plus variée (voire "variété"), adoucie et donc forcément grand public et à succès.
L'émotion de Diam's abonde toujours dans les bonus, qui montrent les coulisses de la tournée et du Zénith. Outre les moments "people" et rigolos avec les visites de Joey Starr et Jamel en coulisses lors de la scène parisienne, on trouve d'autres instants sympas. Ces deux belles histoires où la chanteuse raconte comment elle a "recruté" ses danseurs et ses choristes, sur des coups de coeur. Où ce passage génial où elle apprend devant la caméra que son concert à l'Olympia est complet pour le deuxième
soir de suite, et qu'elle appelle tout de suite son DJ pour le prévenir, à 200 000 volts tout du long. En revanche, la longueur des deux DVD fait que parfois les propos paraissent redondants, voire répétitifs, sur justement l'incrédulité de Diam's face à ce qui lui arrive, où quant à son histoire d'amour avec le public. Mais, ainsi, ils n'en paraissent que plus sincères.
Matteu Maestracci
Hostile records (juillet 2007)
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