| Les Eurockéennes de Belfort - |
Dimanche 2 juillet |
Dimanche 2 juillet "Jauge pleine"
96000. C'est le chiffre qu'il faudra retenir : le record absolu d’affluence pour les Eurockéennes! A l'heure de la 18e édition, le festival qui avait agrandi sa capacité à 32000 festivaliers par jour aura réussi son pari de fédérer le public autour d'une très belle affiche hétéroclite et diversifiée. Et par chance, le temps n'aura même pas gâché la fête grâce à un soleil constant durant les trois jours.
Toujours pas une goutte de pluie. Trois jours de soleil ininterrompu finissent de chauffer à blanc les 32000 festivaliers quotidiens, avec un mercure qui ne cesse de leur donner grand soif. C'est dans cette heureuse fournaise que Muse a clôturé les débats. Nouvel album tout juste à l'appui, le trio power-rock britannique a déployé toute sa verve électrique pour séduire. Si les derniers morceaux n'ont pas forcément convaincu, les Plug In Babe ou Endlessly ont largement percuté. La prestation de Muse est apparue pourtant presque décalée avec la programmation du soir. Car de Mogwai (photo ci-dessous) à Sigur Ros sous le Chapiteau jusqu'à Archive entre les deux sur la Grande scène, l'ambiance était plutôt à la rêverie.
Dans l'ordre, le combo post-rock écossais a mis tout le monde d'accord avec un set dense et transcendant. S'ils ont largement délaissé les vieux morceaux des premiers albums et perdu depuis belle lurette leur côté trip-hop, les Archive ont, eux, su trouver une très belle dimension en live, parfaite pour la tombée de la nuit. Les Islandais de Sigur Ros ont pour leur part parachevé cet espace de temps suspendu et aérien avec majesté et délicatesse.
L'ambiance de la Plage a en revanche nettement contrasté. Ouverte à la jeune scène montréalaise, la petite scène au bord de l’eau a vu passer de nouvelles et très prometteuses formations. Côté rock, on retiendra surtout les We Are Wolves et les Duchess Says. Entre problème de son et corde de basse qui lâche, les premiers, plus électro, se sont battus tout leur set avec les problèmes techniques. Mais qu’importe. D’un souci à l’autre, ça n’a que décuplé leur énergie à chaque reprise.
Sous le cagnard du début d’après-midi les Duchess Says (photo) avaient peu avant envoyé un sacré bois sans la moindre retenue, pour un show déjanté et rock’n’roll à souhait. Côté hip-hop, cette journée montréalaise s'offrait Ghislain Poirier, le producteur déjanté souvent comparé à Prefuse 73. Puis ses compères d’Omnikrom, sorte de TTC ou Stupéflip à la canadienne qui ont laissé place à la grande folie dévastatrice de leurs chansons.
Au cours de cette dernière journée, on regrettera quelque peu la prestation moyenne, en début d'après-midi, de la part d’un groupe pilier du rap US, Blackalicious. Chief Xcel et Gift of Gab ont tranquillement donné leur représentation mais sans plus. Dommage. Alors que DJ Medhi s’est livré en fin de soirée à une session aux platines qui, elle, a fait plaisir à tous les fans de rap old school.
Juste avant que Muse ne boucle cette 18e édition, on aura également noté la performance prometteuse d'un jeune duo indie-rock américain à la Loggia. Un batteur qui gère des claviers en simultané, une chanteuse et sa guitare, Giant Drag a ce petit quelque chose de simple et de direct. Cette jeune formation de Los Angeles se montre pourtant particulièrement subtile et convaincante sur scène. On en reparlera cet automne avec la sortie de l'album.
Quoiqu'il en soit, entre piliers et légendes, nouveautés et artistes encore injustement dans l'ombre, le festival des Eurockéennes aura été fidèle à lui-même. Et nous aura offert une très, très belle édition pour son âge de raison.
Crédits photo: Philippe Belossat (1), Marie Jérôme (2), Damien Salvador (3 et 4).

Julien Cottineau et Emilien Ercolani
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