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| La route du Rock - |
Dimanche 3 août |
Dimanche 3 août "Pop is not dead"
Troisième et dernier jour au Fort Saint Père. C’est la foule des grands soirs pour deux têtes d’affiches aussi dépareillées qu’une chemise écossaise sous un justaucorps rose : Franz Ferdinand et Katerine. Moins attendus du public mais tout aussi convaincants, The Spinto band et Band of Horses ont eux aussi largement leur part dans cette magnifique soirée qui a terminé la Route du rock en apothéose.
« Putain, je n’y crois pas, putain, je n’y crois pas ». C’est ce qu’on a pensé en voyant débarquer l’ovni Katerine en slip blanc et costume de grand schtroumpf. En fait de costume, c’était, à y regarder de près, son corps nu peint en bleu. Le torse est paré d’un Jésus auréolé et le dos d’une croix de l’hermine, emblème de la Bretagne. Framboise sur le gâteau, une petite fleur orne la chevelure douteuse du chanteur.
Artiste le plus barge de la scène musicale française actuelle, Philippe Katerine (voir photo) enflamme littéralement le fort Saint Père, provocant slams à la pelle, cris hystériques et sauts en hauteur. Avec sa bande de Secte Machine (des ex de Little Rabbits), il déroule son show bien huilé, musclé à la groovebox et enchaîne les morceaux en racontant des conneries hilarantes avec sa voix de mec qui aurait avalé trop de somnifères. On se marre. En fin de spectacle la Secte Machine enfile perruques blondes, tee-shirts roses et slips vert pour un Louxor j’adore forcément orgiaque. Quand Katerine coupe le son, le public est tout essouflé. .
Faut dire que la soirée avait démarré super vite. Annulés au dernier moment The Television Personalities furent remplacés par Grizzly Bear et leurs expérimentations sonores inqualifiables (les New-Yorkais avaient déjà officié deux jours plus tôt au Palais du Grand large). Tout de suite après, les petits jeunes de The Spinto Band - nouvelle sensation du rock indépendant américain – avaient obligé le public à un virage à 180°C, pied à fond sur l’accélérateur. Leur pop explosive s’est avérée extrêmement réjouissante. Les deux guitaristes firent des tourniquets avec leur bras et gagnèrent facile le concours du gars qui jette le plus vite la tête en avant en rythme sur la musique. « Ça fonctionne » comme disait l’autre.
Mais LE grand concert de la soirée, on le doit aux Franz Ferdinand (voir photo). Il se murmurait que nos désormais célèbres Ecossais avaient franchi un cap concernant leurs prestations scéniques. Leur set à la Route du Rock le confirme. Les quatre garçons de Glasgow ne se contentent plus d’enquiller froidement leurs tubes. Alexander Kapranos ( qui demande souvent « comment ça va Saint Malo ? ») joue avec le public, décolle de son jeu de scène habituellement très minimaliste et humanise ses interprétations. Le public en redemande, chante en cœur, tape du pied et des mains. De Jacqueline à Take me out, les Franz Ferdinand savent y faire… Sur la fin, le concert carré et efficace prend un chemin de traverse aussi inattendu que jubilatoire lorsque, sur le rappel, Franz Ferdinand s’offre un incroyable interlude de pop expérimentale – à trois sur la batterie ! Whaou !
Pour finir les Canadiens de Band of Horses – groupe de pop à guitare, rien de pourtant très original – propose un set audacieux oscillant entre The Shins et Arcade Fire. La voix du chanteur est superbe, les rythmes implacables, le public enthousiaste. Pop is not dead !
Crédits photos: Lucie Offredo (1), Laurent Guizard (www.laurentguizard.com) (2, 3 et 4)

Lucie Offredo
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