Il est toujours très difficile d’écouter le disque de l’un des meilleurs DJ de planète, de peur d’être déçu. Avec DJ Vadim c’était le cas. On ne sait jamais à quoi s’attendre de sa part, bien que la garantie de la réussite soit quasi-certaine. Après de multiples expériences en solo ou en groupe (avec One Self notamment), le DJ russe s’apparente désormais à un feu d’artifice : explosion dans tous les sens et mélange de couleurs magistrales, à l’image de ce dernier The Soundcatcher. L’introduction est simple, quelques scratches bien ajustés, et une voix aigüe qui s’adresse directement à l’auditeur en finissant par ces mots : …a personal experience never to be forgotten. Un brin audacieux, mais pas tout à fait faux.
Après la courte introduction, Fear feats ft. emo and syrus annonce clairement la couleur de l’album. Dans une détonation d’un vert vif, Vadim apprivoise les sonorités reggae, reste sobre par rapport à la construction de la piste, mis à part l’énorme basse omniprésente. Le DJ flirte directement avec le dance hall, une reconversion plus inattendue, comme toujours. Tout de suite après, Talk to me ft. Sena illumine le ciel d’un jaune soleil éclatant, dans le même registre mais truffée de bruits étranges, qui rendent cette troisième piste beaucoup plus trip-hop et calme qu’à l’habitude. Puis l’album garde les même teintes durant quelques pistes, avant d’arriver jusqu’à un OVNI, Soundcatchers featuring Abstract Rude… Le MC "commercial" de la West Coast est venu jusqu’en Angleterre prêter main forte au DJ, même si certains verront ici une incohérence totale entre les univers des deux artistes. Bref, ceux qui trouveront la piste rédhibitoire pourront se réjouir avec Manchester, sur la quelle Vadim s’amuse seul dans une ambiance plutôt sombre. Kill kill kill, qui arrive tout de suite après, est quant à elle une véritable fusée rouge flamboyante, pleine de fraicheur et d’originalité. On retrouve en featuring la chanteuse Kathrin Deboer accompagnée de… Big red, le MC de Raggasonic, qui fait une apparition inattendue, désespérément réconfortante pour les fans du groupe français. La suite de l’album est toujours très différemment colorée, comme sur la reggae/soul Black is the night ou la très intense Suffering Blues.
En somme, The Soundcatchers n’est pas l’album qui nous décevra, loin de là. C’est plutôt le cd de l’épanouissement musical, tantôt décoiffant, tantôt reposant. Vadim est un DJ rassurant et toujours aussi talentueux. Vivement le prochain feu d’artifice…