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| Reportage - |
Dour Festival |
Dour Festival "Edition record"
Pour la première fois depuis sa création en 1989, le festival belge a affiché complet plusieurs jours avant son ouverture. Ce sont donc près de 144 000 personnes qui ont rallié la Plaine de la Machine à Feu pour les 4 jours du festival.
Parmi ces festivaliers, 32 000 ont dormi au camping qui a ouvert dès mercredi avec un record d'affluence de 23 000 personnes arrivées la veille de l'ouverture. Reportage au coeur du festival...
Festival de Dour – Day 1
Les premiers arrivés sur le site du festival l’auront remarqué, le temps ne paraissait pas jouer en leur faveur… Ce jeudi, pour l’ouverture de la Plaine de la Machine à Feu, les guichets affichaient tous complets depuis plusieurs jours. Du côté des artistes, tout le monde était au rendez vous, et au final : une annulation et 2 petits retards sur les 225 groupes présents à l'affiche sur les 4 jours. Qu’importe, l’heure était à la musique.
14h00, le coup d’envoi est donné, et c’est Turzi et The Only Room qui ouvrent le bal. Pendant que les flots de campeurs et de festivaliers se déversent aux portes de Dour, les premiers groupes s’installent calmement sur les 5 des 6 scènes du site. Lloyd Carter, Pornorama et Blutch s’enchainaient, puis est arrivé le temps de monter sur scène pour le groupe « rock » The dIPLOMAT. Les fans sont au rendez-vous, puis sans concession, le groupe semble tout donner pour cette entrée en matière. De jolies mélodies mêlées à l’énergie habituelle des 4 accolytes, et le rock semblait déjà revivre.
L’après midi s’écoule tranquillement, DJ Hype et Joshua s’approprient la drum pour l’un, le groove électro pour l’autre, avant d’accueillir la première tête d’affiche du festival : AaRON. Après avoir surpris avec un album délicieux récemment, une expérience scénique ne pouvait être qu’alléchante ! Et ce fut le cas pour les 2 compères, accompagnés par une violoncelliste au grand talent. AaRON a le don de faire saliver tout un public : après avoir joué presque tout l’album, dont Mister K, Endless Song et Beautiful Scar, le soulagement est venu aux premières notes de Lili, la chanson devenue star grâce au film Je vais bien ne t’en fait pas. Une fois finis les « hurlements hystériques » adressés aux 2 parisiens, le tempo est reparti de plus belle, tout de suite après, avec un show Live d’Agoria. Le lyonnais, qui a confirmé tout ce dont on attendait de lui avec ses précédents albums, est donc venu faire bouger calmement la terre du festival. Son lounge et techno minimaliste, le producteur a tout de même séduit un public très hétéroclite. Le temps que Bonobo fasse marcher les machines une demi-heure au « Dance Hall », et le Wu Tang Clan prenait place sur la scène de la « Last Arena », amputé de l’un de ses précieux membres : Redman. Malgré tout, ses acolytes ont menés un show bien rôdé, bien que le son fût médiocre, mais tout de même de quoi conquérir tout un public à minuit. Dans les coulisses, le langoureux groupe The Cinematic Orchestra attendait la fin du concert pour commencer sa propre apparition. Pas de surprise, l’ambiance était calme et envoutante, plutôt décontractée à quelques heures de la clôture de cette première journée. Puis Andy C, DJ Food & DK, s’avéraient concluants, avant que Coldcut achève cette soirée. Jolie ouverture pour le festival.
Festival de Dour – Day 2
Surprise. Le réveil a été difficile: la pluie a littéralement « ravagé » le site, mais les festivaliers ne sont pas découragés pour autant. Et ce vendredi 13 juillet n’aura pas porté malheur à la musique ! Rendez-vous à midi pour les plus motivés, pour des rendez-vous avec Blue Velvet, Repulsion et Vegas qui entamait cette deuxième journée grisonnante. Puis la musique a ainsi retentie sur toutes les scènes du site lors d’une après midi qui a vue se succéder Sounds Like Violence, Sean Lennon, The National, Les Anges… Et enfin Herman Düne, qui apportait avec lui les premiers rayons de soleil ! Malgré l’absence de l’un des 2 frères, le groupe a pu livrer un spectacle réjouissant alors que le beau temps revenait doucement. Calme et bonne humeur s’emparaient de la Plaine de la Machine à Feu, avec les accords des chansons d’Herman Düne dans les oreilles.
Tout de suite après, No Means No et Hot Chip relançaient la musique, suivis de Converge et The Rapture un peu plus tard. Ces derniers offraient un show oscillant entre dancefloor et rock plus alternatif, alors que quelques minutes plus tard, Improvisators Dub prenait le contrôle de « la petite maison dans la prairie » pour un show fidèlement dub, roots à souhait, dans la lignée d’High Tone, qui s’installait à la même place une heure plus tard. Même mesure pour les lyonnais : le dub reste roi, parsemé de quelques accélérations appréciées. Les bidouillages électroniques, les bribes « sounds effects » et la magie du sampling vinylique ont conquis un public qui attaquait une soirée plutôt calme en termes de concerts. RJD2 mettait l’ambiance de son côté, alors que Shy Child se préparait. Et quelle préparation, puisque les 2 amis nous ont concocté un concert explosif, majoritairement dance-punk pour faire bouger un public en demande de rythmes endiablés. C’est ensuite Simian Mobile Disco qui leur succédait : les 2 DJ’s se sont amusés ce soir là, et ont emmené une foule qui sortait d’un concert de Shy Child plus que mouvementé. Une scène éclairée par toutes sortes de couleurs flash, et l’ambiance a atteint son apogée sur un We Are Your Friends envoûtant.
Puis la nuit tombait quand Dave Clarke branchait ses machines, alors que la techno devenait reine : BlackStrobe en live, Motorlive ou encore Digitalism, en live également, achevaient cette seconde soirée.
Festival de Dour – Day 3
Alors que Dour se réveillait, les concerts commençaient à midi, avec le rock de My Second Skin, le punk de Dirty Fonzy, et le « hip hop for gentlemen » de Mr Spartako. Sous le chapiteau du « Club Circuit Marquée », les 4 MC’s ont foutu le feu sans concession, devant un public à peine remis de la veille, mais pourtant déjà à fond dans la musique. De leur Triptik de bipèdes jusqu’à l’égotrip Moi moi m’aiment, le groupe belge sautait dans tous les sens, sans rien lâcher jusqu’au bout. Mr Spartako a fait bouger toutes les têtes, avec en prime, le droit de faire un petit rappel.
Suivait une après midi chargée en concerts, des chansons de Sioen au rap de Tar One, en passant par le folk-rock de The Frames, les dublinois qui sont venus faire un détour à Dour à l’occasion du festival. Le reggae reprenait de sa superbe avec Tony Rebel & Warrior King, tandis que Walls of Jericho faisait tomber les barrières du hardcore newyorkais. Révélation du grand public cette année, la chanteuse Nicole Willis et son backing-band The Soul Investigators ont charmé un public ultra-réceptif, soulé par la voix puissante de la diva américaine.
Le début de soirée approchait et les têtes d’affiches fleurissaient de tous les côtés. Israel Vibration, Punish Yourself et The Beatnuts se partageaient le même horaire de passage, imposant forcément un choix difficile. Tout de suite après, Griots & Gods feat. The Young Gods & Dälek s’emparaient de la scène de « la petite maison dans la prairie » : une étrange combinaison entre des monstres du rock, sévissant depuis une vingtaine d’années, et un rappeur des plus atypique, au flow hip hop expérimental, considéré lui aussi comme un maitre en son genre. Seul regret : Dälek n’ pas l’occasion de s’imposer réellement au sein de la formation, restant un peu à l’écart. Décevant pour le public hip hop qui s’attendait à une participation plus affirmée.
22h30, Teenage Bad Girl et The Notwist s’emparent respectivement des scènes du « Dance Hall » et de « la petite maison dans la prairie ». Les premiers livraient une fin de concert déjantée, alors que les seconds enchantaient un public ravi de revoir le groupe après 4 ans d’absence sur le sol belge.
Toujours aussi difficile, la soirée continuait avec encore plus de choix à faire : Girls in Hawaï, DJ Medhi et la bande de Stones Throw Records (tellement nombreux qu’ils ont joué 3 heures !) se partageaient le même horaire. Plus les heures défilaient, et plus les concerts s’intensifiaient. Uffie & DJ Feadz, le Peuple de l’herbe, Princess Superstar, et… Justice ! Sans surprise, les 2 DJ’s ont fait un show enflammé, sans aucune déception pour le public. Puis la fin de soirée s’annonçait mouvementée. Venetian Snares se chargeait d’électriser ses platines, et le public par la même occasion, alors que DJ Kentaro faisait une prestation inattendue. Le japonais s’est livré à un exercice de style beaucoup plus drum que son traditionnel hip hop. Et il a prouvé par la même occasion que le génial DJ qu’il est sait aussi bien manier le down tempo que les BPM affolés.
Festival de Dour – Day 4
Dernier jour, dernières folies et dernier concert, le dimanche 15 juillet a tenu toutes ses promesses, et les festivaliers sont repartis comblés d’une 19ème édition particulièrement réussie.
Lors de cette dernière journée, les fans de hip hop ont été particulièrement chouchoutés. L’après midi commençait avec les 2 compères de Zucchini Drive, un belge et un suédois, échappés de leurs groupes respectifs pour créer cette excellente formation, électro hip hop à souhait, n’ayant rien à envier aux grosses pointures du genre. Bien décidé à le prouver, Zucchini Drive à tenu toutes ses promesses, avec en prime quelques morceaux inconnus. Toujours du côté du hip hop, les nantais d’Hocus Pocus se présentaient pour la première fois au festival de Dour. Emmené par le rappeur 20Syl, le collectif français a été excellent sur scène, jouant des tours de passe passe entre le MC et la batterie, entre la guitare et DJ Grim… Bref, le son soul funk jazz mêlé au flow bien fat de 20Syl, et le public n’a pu que se laisser charmer par la musique. Surprise finale, HP nous a également livré quelques musiques inédites, dont l’excellente Recyclé.
Les heures s’enchainaient, Skarbone 14 et Babylon Circus montaient sur scène, Beenie Man s’emparait du micro et James Delleck feat. Le Jouage aux machines, DJ Detect et Cyanure venaient enflammer un public ravi de recevoir l’électron libre du rap français. Textes déjantés, beats électrisés, et James Delleck se déchainait, de temps à autre accompagné du flow étrange de Le Jouage et celui ultra-rapide de Cyanure. Bref, une prestation à la hauteur des espérances, sous un soleil de plomb. Le hip hop était décidemment bien présent ce jour là puisque s’enchainaient juste après les marseillais (et marseillaise) Soprano et Keny Arkana, révélation rap de cette année. Puis c’était au tour d’X Makeena, des rappeurs rennais qui posent sur de la drum and bass, saupoudrée par du dub et du hip hop ! Au milieu de cette horde de rappeurs, ont retrouvait le déjanté Philippe Katerine accompagné par Les Vedettes. Néanmoins, Les Cautionneurs faisaient leur show, suivi par DJ Shadow et le « schizophrène » Kool Keith, venu nous voir pour l’occasion sous le nom de Dr. Octagon. Plus électro cette fois-ci, dDamage ravissait un public toujours motivé, tout comme Para One et Amon Tobin, en DJ Set. Clark s’est installé à « la petite maison dans la prairie », DJ’s or Not et DJ Dan vs Mr. Magnetik ont clôturé 4 jours d’un festival dément.

Emilien Ercolani
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