CD/Disque
Dub Pistols "Speakers and Tweeters"
|
|
  La tendance au "joyeux mélange" encore empruntée ici parfois utilement, parfois beaucoup moins.
On ne saura jamais assez gré aux mutations de la musique moderne, et son cortège d'innovations numériques, de permettre aux touche-à-tout de réaliser leurs envies. Voici un nouveau groupe grisé par une rupture tranquille avec les encombrantes étiquettes, les clichés, les genres musicaux déjà prêts à se voir flanqués dans des bacs. Pour le cortège de jeunes Anglais rusés qui nous interesse aujourd'hui, le mélange tiendrait plus de la recette exhaustive et diabolique. Ici, ce n'est pas deux ou trois épices musicales qu'ils ont tenté de marier, mais une dizaine. Seul l'usage de cuivres tout au long du disque permet un repère constant et salvateur. Pour le reste, bien du plaisir pour différencier ce qui est punk, reggae, hip-hop, et ce qui ne l'est pas. Un peu comme si un petit malin avait mis une célèbre radio arty parisienne dans votre lecteur CD, pour le tarabiscotage des styles. Et ce morceau Rapture, alors, dont l'instru ressemble à de la "dance" dégueu des années 90 ? Je vous conseille de ne surtout pas rater le premier titre Speed of light, sorte d'incantation hip-hop lugubre et -donc- aux cuivres chromés...Si le début de l'abum est plutôt ska, le milieu est nettement plus branché electro, sans grand succès hélas. Pas de vrai ratage, mais des trucs déjà, et surtout mieux, entendus comme Cruise control. Il faut préciser que les gars en question ne sont pas non plus des ados en quête de sens, mais des musicos à la carte de visite garnie. Associés au départ aux Chemical Bros et à Fatboy Slim, ils ont été projetés sur les scènes US, avant de produire pour Limp Bizkit ou encore Busta Rhymes (sur la BO de Blade 2). Pourtant, on en vient tout de même à regretter le deuxième album, beaucoup plus engagé que celui-ci, politiquement et même "musicalement". Ici, malgré les jeux avec l'auditeur de pistes comme Open, on se perd un peu en tentatives grand public, égarés qu'on serait dans un grand banquet dont on ne sait quoi goûter, mais où certains plats paraissent finalement fadasses. Mention spéciale tout de même au morceau (vraiment) reggae You'll never find. Suivi, comme un symbole idéal de cet album, par le sur-vendu Gangsters, dont la seule "qualité" reste le chipage de la mélodie du vieux tube Al Capone de Prince Buster.
Matteu Maestracci
Sunday Best/Naïve (mai 2007)
|
|
Jetez aussi un coup d'oeil à ces disques du même genre:
|
|
|
|
|
|
|

Note rédacteur:
 
Note lecteurs:
    (2 votes) |
|
|
|
|
|
|
|