CD/Disque
Ellen Alien "Orchestra of Bubbles"
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  Passée au rang de djette-star, la jeune berlinoise semblait avoir un peu perdu l’inspiration. La voilà de retour avec un nouvel album composé avec son complice Apparat. Alors, renouveau ou déception?
C’est amusant, parfois, de voir comment une réputation se fait… et se défait. Exemple emblématique : Ellen Alien. 2003 : premier album Berlinette. La jeune djette allemande surprend la scène techno avec des compositions ciselées, un style syncopé, des passages pop chantés et une véritable science du dancefloor. Deux ans plus tard, après plusieurs disques inégaux (Thrills, 2005 ; My parade, 2004) et d’innombrables remixes : la jeune femme s’est muée superstar, directrice de label et chef de file de la scène électro allemande… mais l’inspiration, elle, s’est un peu envolée. La nouveauté n’est plus là, les compositions s’étirent en longueur, se répètent… Bref, c’est la déception.
Or, surprise, en ce printemps 2006, voilà déjà qu’un nouvel album pointe le bout de son nez. Un disque joué à quatre mains, avec le musicien Apparat. Un vieux complice que l’on avait déjà entre-aperçu sur certaines des productions de la berlinoise. Attention, attention, nous prévient le label Bpitch control, voilà de la "musique intelligente" ! Après avoir lu et relu le communiqué de presse, nous n’avons toujours pas vraiment compris. Nous nous contenterons donc de répondre à cette question : la belle Ellen a-t-elle retrouvé l’inspiration ?
Et bien on vous répond… bof, bof. Les quelques morceaux chantés, par lui (Leave me alone), ou par elle (Way out, Bubbles), sont assez rafraîchissants. Mais pas assez pour faire oublier des longueurs trance-minimales franchement soporifiques (Jet, Floating point) et des interludes planantes un peu lancinantes (Edison). En fait, c’est dans ses versants plus dancefloors que cet album semble le plus abouti. Breaks coupés au rasoir, bleeps malicieux, groove minimaliste (Do not break, Turbo dreams) : c’est convaincant, on se prend même à hocher la tête.
Pas de chef d’œuvre donc. Juste un album honnête. Les fans de la djette et de ses côtés les plus pop apprécieront sûrement. Pour les autres, amateurs d'électro minimale germanique, on conseillera plutôt les dernières sorties de Todd Bodine (Surfaces, Tresor) ou Oliver Hunteman (Fieber, Gigolo records), autrement plus pêchues...
Olivier Sibille
Bpitch control/Pias (avril 2006)
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