CD/Disque
Eté 67 "Eté 67"
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   Ils débarquent de Belgique, où ils sont déjà disque d’or avec leur sens aigu de la mélodie. Et un premier album pop-rock intelligemment nourri de références aux groupes des sixties, qu’ils ont choisi de chanter en français.
| par Aena Léo | le 30/09/2007 | genre: chanson rock |
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Ils ont quelque chose d’horripilant, les babys rockers, ces musiciens d’à peine 18 ans qui jouent ensemble depuis quelques mois, certes doués, mais qui sentent un peu trop le coup marketing. Et bien Eté 67, c’est tout sauf ça. Ils n’ont même pas 25 ans en moyenne mais ils jouent ensemble depuis… plus de dix ans.
Ils se rencontrés au collège de leur ville, Liège, en Belgique. Alors que la plupart des ados vibraient sous la techno-dance des années 90, les six bougres étaient les seuls à triper sur la musique des années 60, des Whos aux Beatles. Ce qui les marginalisait légèrement... « On a découvert ces disques dans la collection de nos parents, à la télé… On s’est retrouvé pour les écouter, puis on a commencé à jouer ensemble, pour le fun » explique Nicolas Michaux, au chant. Voilà pour l’histoire.
Côté son, leur premier album, Eté 67 fait référence au Sumer of Love, réunion de milliers de jeunes à San Francisco en 1967, point d’orgue de la contre-culture hippie. Une période où un paquet d’albums de référence sont sortis : Sergent Pepper des Beatles, le premier Doors, celui du Velvet Underground, Are You Experienced ? d’Hendrix… Le groupe idéalise complètement et volontairement cette période, leur "mythe fondateur". Il cultive un son pop à l’anglo-saxonne savamment rétro, des mélodies espiègles, mais ne se contente pas d’imiter le son de ses idoles. « La principale chose qu’on garde d’eux, c’est leur liberté », explique Nicolas. « On ne s’interdit rien. On chante en français, on utilise des instruments pas vraiment rock, comme la clarinette ».
On sent que les cocos ont réfléchi à ce qu’ils font et ne composent pas que pour sortir des tubes, même si plusieurs de leurs titres sont parfaitement calibrés pour. Il faut dire qu’en dix ans de carrière, ils ont eu le temps d’écrire plus de quarante morceaux. Ils ont gardé les meilleurs pour l’album. « C’est un peu notre premier best of », plaisantent-ils. Du coup, certains titres, écrits à quatorze ou quinze ans, respirent la rébellion adolescente et un peu naïve. Mais rafraîchissante, comme Marché droit, coup de gueule contre l’autorité parentale, ou Autodestruction massive, qui évoque les adolescents qui déconnent pour le style. Ils parlent d’amour aussi, avec tendresse et cynisme.
Le tout est relevé de riffs de guitare pimentés balançant parfois vers le jazz, la chanson ou le swing. La voix de Nicolas, au chant, rappelle M ou Noir Désir. Même s’ils ne révolutionne rien, leur maturité instrumentale, leur nostalgie cultivée et radieuse des sixties font de leur premier album un p’tit chef d’œuvre attachant et prometteur. Vivement le prochain.
Aena Léo
Eté 67, sortie en août 2007 chez Wagram.
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