CD/Disque
Feist "Reminder"
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    L’égérie folk signe un deuxième album à la pop soyeuse et aux arrangements plus divers que ceux de son premier disque solo, Let it die. Toujours épaulée par Gonzales, Feist s’est ouvert à des influences bossa, gospel, tout en affichant le même talent pour les mélodies folk prenantes et mystérieuses.
| par Aena Léo | le 09/06/2007 | genre: folk |
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On les compare souvent mais pourtant, elles ne se sont jamais rencontrées. Feist et Keren Ann affichent le même goût pour le dépouillement utilisé à bon escient, la même fragilité claire obscure, la même tendance à venir d’ici et d’ailleurs, artistes sans frontière. Toutes les deux ont sorti leur deuxième album en même temps. Celui de Feist, plus ouvert, baigne dans un lumière chaude et tamisée.
Feist été longtemps chanteuse au sein de la scène underground de Toronto. Pendant dix ans, elle a tourné avec son groupe punk de filles, criant sur scène presque à en perdre la voix. Puis, la trentaine approchant, elle a abandonné le punk pour se tourner vers le folk et la guitare sèche. Aidée de Gonzales, elle met au point son premier album Let it die, une perle de folk soyeux, « très premier degré », dit-elle.
The Reminder fait appel à un registre musical plus large et étoffé. Les mélodies flirtent avec la bossa nova (Sorry), une pop rock dansante (I fell it all), des balades aux accents gospeliens. Sa voix gracieuse est portée par des arrangements lumineux et intimistes, enregistrés en live dans le studio Ferber à Paris, avec une équipe de choc, Gonzales toujours, et Renaud Letang (producteur de Souchon, Birkin, Manu Chao…).
Feist reprend Season, de Nina Simone, enchaîne les titres avec entrain ou calme, avec la grâce incomparablement classe qui la caractérise. Elle sait entourer ses titres d’un voile de mystère qui pousse à les écouter encore, encore, pas pour le percer, mais pour se laisser délicieusement bercer par lui.
Il faut dire que la musicienne a testé ses morceaux sur scène pendant des mois, pour évaluer les réactions du public, peaufiner les arrangements. Alors, elle ose le luxe de laisser ses titres prendre leur temps, croquer un bout de sérénité, puis quitter un intimisme lumineux pour une énergie plus extravertie. Elle parle d’amour, de trahisons avec une maturité qui lui évite de s’enfermer dans les états d’âmes facile du folk.
Aena Léo
Reminder, sortie en avril 2007 chez Polydor Universal.
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