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Festival Africolor, concert de Mah Kouyate à Montr |
Festival Africolor, concert de Mah Kouyate à Montr "Mah kouyate, griotte star"
Un concert de Mah Kouyate à Montreuil est forcément un moment fort. On dit en effet de la commune du 9.3 qu’elle est la deuxième ville du Mali après Bamako tant la diaspora malienne y est importante. Et Mah Kouyate, griotte reconnue est une véritable star au pays.
Mais attention, on parle de « Mah Kouyate numéro un », elle a en effet une homonyme, également griotte de renom mais bien plus jeune. Pour l’ex-institutrice, qui se produit à Montreuil dans la cadre du festival Africolor, l’ancienneté justifie ce « numéro un ». Elle perpétue la grande tradition mandingue des griots traditionnels, qui chantent les louanges des dynasties familiales, des hommes politiques ; racontent la grande Histoire ou toutes sortes de petites événements qui tissent le quotidien. Le griot, qu’on a longtemps assimilé au journaliste de nos sociétés occidentales, est la mémoire de la famille ou du quartier. Mah Kouyate est une griotte traditionnelle, ce qui explique pourquoi, selon le bassiste, « on ne la verra pas se trémousser comme les jeunes griots ». Accompagnée de musiciens virtuoses qui rythment son récit : n’goni, guitare, basse, petit et moyen tamani, djumbe et donnent du relief à ses histoires, elle danse gracieusement. Dans le Théâtre Berthelot plein à craquer, les fans sont venus en grand nombre. Boubous majesteux chez les dames, bruissement de bazin chez les hommes, c’est ça le chic à la malienne. Des jeunes filles viennent sur scène, claquent la bise à Mah Kouyate avant de se lancer dans un gracieux hommage dansé au talent des musiciens. On dépose billets et chèque auprès de la griotte et deson groupe, signe de leur talent. L’ambiance chauffe petit à petit. De plus en plus de danseurs viennent sur scène et improvisent. Les musiciens lâchent djumbe ou tamani pour venir danser. La griotte chante les morceaux de « Mali Sadjo », sa dernière cassette, et l’ambiance vire en fête populaire, où des rapprochements cocasses se font entre les publics : entre Mah Kouyate, femme d’un certain âge en boubou rose, le rappeur ultra « sapé », casquette à l’envers, le beau malien en costume noir qui danse façon chacha, ou les toubabous qui dansaient plutôt bien, on avait la preuve que les histoires griotiques et les rythmes mandingues ont fait l’unanimité !

Eglantine Chabasseur
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