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Festival Cooperative Music |
Festival Cooperative Music "Nouvelle vague"
Deux soirs de suite, la Flèche d‘Or a résonné des promesses de Cooperative Music. D'Architecture in Helsinki à Howling Bells, de Jenny Wilson à Justine Electra, six groupes ou artistes se sont produits avant de sortir leurs premières galettes dans l'année. Que d'impatience désormais...
Pour le meilleur et probablement pas le pire, Rabid Records, Bella Union, Moshi Moshi et City Slang se sont donc réunis. Regroupés sous la bannière de Cooperative Music, ces quatre labels en licence chez V2 font désormais un peu front commun. Et pour fêter cette collaboration naissante, la nouvelle structure s'est posée deux jours à la Flèche d'Or à Paris, dans le cadre d'un festival gratuit. Avec dans l'idée de présenter leurs jeunes pousses amenées à publier leurs premières galettes en 2006. Soit cinq groupes et artistes aux horizons divers. Accompagnés en ouverture de Josh Pearson en format solo. Sans ses acolytes de Lift To Experience, le Texan a ouvert les débats en alternant ballades country avec des titres rock saignants et plaintifs, sa guitare accoustique saturant au passage. Plaisant, parfois planant, rarement renversant.
Plus incisives, les compositions de la Suédoise Jenny Wilson (photo) ont redistribué les cartes de la soirée. Après avoir fait ses armes avec le groupe suédois First Floor Power, et après quelques collaborations avec ses énigmatiques compatriotes de The Knife (notamment sur l'excellent album “Deep Cuts”), Jenny Wilson vogue désormais en solo. Accompagnée sur scène de sa soeur Sara. Et autant dire que le duo fait mouche. Communicatives, enjouées, elles jouent leur pop-électro-sautillante avec un plaisir non dissimulé. De très bonne augure pour le premier disque à paraître en mars. Peut-être un peu plus que My Latest Novel, formation de Glasgow axée sur une pop belle et embrumée. Moins original, le quintet écossais joue bien plus sur l'émotion, en quête incessante de la corde sensible. On en sort rêveur et apaisé. Mais pas transcendé.
Seule sur scène le lendemain, entre un mégaphone et une guitare dont elle ne se sert pratiquement pas, Justine Electra se pose en personnage particulièrement intrigant. D'une main, elle envoie ses morceaux pré-enregistrés, car « jouer en live de la guitare ne fait pas tellement de différence ». Cette Australienne, exilée à Berlin depuis quatre ans, « préfère [se] concentrer sur le public ». Ce qui semble pourtant la rendre un peu nerveuse entre chaque morceau. Elle n'hésite d'ailleurs pas à couper ses chansons de façon abrupte alors qu'on se laissait aller dans son électro-pop légèrement expérimentale. Ancienne DJ, proche de Tarwater, Justine Electra a en tout cas quelque chose de très enivrant, tant dans ses compositions que dans son interprétation.
Les Howling Bells (photo) ont, eux, mis la gomme juste derrière. Forts d'un son impeccable (ce qui est loin d'être évident à la Flèche d'Or), les quatre Australiens (encore), basés à Londres, ont déjà leur premier album quasiment sur les rails, « enregistré l'an dernier à Liverpool avec le producteur Ken Nelson » raconte la chanteuse et guitariste Juanita Stein. Vu l'énergie dépensée sur scène, les Howling Bells ne devraient avoir aucun mal à le défendre et à le promouvoir, « pourquoi pas dès cet été dans les grands festivals » s'avance même Juanita. Entre indie-rock US et pop-rock britannique, les Howling Bells sont carrés et mordants. Leur avenir, au crépuscule d'une importante tournée avec les brillants Editors, s'annonce très prometteur.
Pour clôturer le festival, les Australiens (c'était décidément la soirée!) d'Architecture In Helsinki ont littéralement envahi la scène. Huit en tout, multi-instrumentistes et joyeux drilles. Sous des faux airs d'Arcade Fire austral, et portés par un incroyable buzz, les Architecture In Helsinki n'ont pas raté le coche. Survoltés, efficaces, ils ont tout donné au cours d'un set pop-rock sans égratignure, entre des cuivres percutants et des synthés eighties. S'il n'y a rien à dire sur scène, on attendra quand même de voir si le résultat se montre aussi probant sur disque. De tous les artistes de Cooperative Music, ce seront de toute façon les premiers à dégainer, dès janvier. On sera vite fixé.
Les albums à venir:
Architecture in Helsinki en janvier (Moshi Moshi).
My Latest Novel et Howling Bells (Bella Union), et Jenny Wilson (Rabid) en mars.
Justine Electra en avril (City Slang)

Julien Cottineau
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