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Festival Dans la Serie des Inapercus |
Festival Dans la Serie des Inapercus "Effervescences entraperçues"
Pour sa dixième édition le festival de la nouvelle scène indépendante Dans la série des Inaperçus, s’est offert une programmation des plus alléchantes, du 21 au 24 février 2006. La cuvée de cette année s’étant recentrée autour d’artistes forts déjà passés par le festival.
Découvreur de nouveaux talents francophones, ce festival qui a élu domicile au Glaz’art (Paris, 19e) s’est même doté cette année d’une exposition et de projections vidéo. Les choses n’ont pas été faites à moitié. De notre côté, ce n’est qu’à la moitié du festival que nous avons pu assister. Mais quelle moitié ! Résumé de deux soirées autour du rock, de la pop et autre punk’rock new wave, qui ici en France (et en Belgique également), commencent à décoller sérieusement.
Qui avait parlé d’une scène rock française sur la corde raide, en pleine perte de vitesse et de créativité ? Non, nous ne sommes pas d’accord! Les talents de ce pays on le vent en poupe. A commencer par l’un des temps forts de ce festival: Asyl. Prestation furieuse. Ces punk-rockeurs de La Rochelle écument les bars, salles de concert et festivals de l’Hexagone avec hargne et détermination depuis dix ans maintenant. Les premières parties de grosses têtes d’affiche s’accumulent également. Il paraissait évident de les convier aux dix ans. Le rendu scénique, ce jeudi 23 février, a bien confirmé l’envergure de ce quatuor. Un son lourd vomi par la basse d’Antoine de Saint-Antoine, une guitare à la lame rouillée (celle qu’ont pourrait entendre couiner et grincer dans un abattoir insalubre) et une batterie des plus détonantes, sont les éléments de ce cocktail plutôt old school.
Timide sur le départ, Mathieu Lescop (chanteur) prend la température de la salle. Il observe, jauge un peu le public, puis commence à sortir de ces gonds au bout de trois quatre titres. Serait-il un croisement d’Iggy Pop et de Joey Ramone, rajeuni de 25 ans ? Quoiqu’il en soit, il dégage quelque chose.
En somme, leur musique est bonne à entendre. On flirte avec des lignes de guitare déliées et aiguës à la Fugazi, saupoudrées d’un beat batterie prompt et percutant. On frôle parfois le hardcore version Sick Of It All et ses chœurs véhéments, mais sans jamais dépasser les frontières. L’authentique punk-rock est là, bien vivant, pour notre plus grand plaisir. Leur premier album est à venir (« Petits Cauchemars entre amis »). Sortie le 10 avril 2006.
L’autre temps fort de ces deux jours purs rocks fut certainement Montevideo, groupe belge en remplacement de Starving, à la dernière minute. Leur histoire a débuté en 2003. Ce mercredi 22 février fut une première pour eux. Là aussi nous avons eu droit à notre petit électrochoc. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces jeunes Bruxellois ne réfrènent pas leurs ardeurs. Ca tape du pied et surtout sur la grosse caisse. Peut-être un peu trop redondants, ces beats batterie envoient tout de même ce qu’il faut en intensité et ce, sur la durée. On traîne ici un peu plus du côté rock version The Cramps par exemple. La funk seventies et les nappes de clavier rétro du guitariste chanteur font bonne figure. D’où finalement une allure générale assez rock psychédélique. On se dandine bien volontiers au rythme des musiques de Montevideo et là aussi on en redemande. A venir, la sortie en mai de leur premier album, parrainé par John Stargasm, leader de Ghinzu.
Le Belge indie rockeur, Hank Harry, nous a lui comblés en sonorités folk, douces et soyeuses. On retient de ce personnage un humour sympathique, qui donne envie de s’approcher tranquillement et d’écouter les histoires qu’il a à nous chanter avec entrain. La présence de Félicie Haymoz et l’étrange communion entre l’archer de son violoncelle et une scie flambant neuve sortie tout droit d’un magasin de bricolage laisse rêveur. Où est-elle allée chercher une idée pareille qui colle si bien avec les compositions de Hank ? Le petit « Oouuuh... ! » de la scie donne une note si touchante...
Pour clore la troisième soirée du festival, Daisybox, formation parisienne de pop sombre chargée en sons électroniques inquiétants. La mise en place du groupe sur scène a pris un peu de temps, en raison de l’alignement de quatre néons verticaux diffusant une lumière bleu violet des plus troublantes. On est ici plongé dans un univers très proche de celui d’Indochine. Longues mèches brunes, tombantes sur le front, de noir vêtu, et une frêle torpeur mélancolique dans l’expression du chant. Le message va donc passer par la musique. Les arrangements musicaux sont bien faits; guitare saturée sur mélodie noire, synthé electro plutôt vintage. Bien que l’on puisse leur reconnaître des atouts, on reste un peu sur notre faim, surtout après s’être pris Asyl en pleine face juste avant. Le son aurait peut-être mérité un peu plus de gouache, histoire que nos oreilles s’en souviennent.
Déjà présents l’an dernier, les Tchiki Boum on ouvert les hostilités de la soirée rock français (la troisième du festival). Seulement deux ans d’existence, encore autoproduit, et la réelle impression qu’ils possèdent toute l’insouciance et la quiétude d’un groupe de jeunes fougueux. Cinq sur scène, dans un vacarme vrombissant, ils annoncent la couleur et revendiquent assez fort qu’ils sont là pour déconner. Entre iroquois aux commandes d’un clavier halluciné en sons disco-electro et un chanteur guitariste du Paris des années 1970, jovial et rock’n’roll, Tchiki Boum déroule son set explosif avec panache. De notre côté, on se marre à les voir et à les entendre, tout en ce disant que la soirée comme vraiment bien. Rock On !
En clôture du jeudi soir, le groupe electro-rock Soldout. Encore un temps fort de ce festival. Après le désistement de Starving au dernier moment, nous aurions eu du mal à digérer un nouveau coup dur dans la même soirée. Mais rien de tout cela ne s’est produit. Soldout (David Baboulis et Charlotte Maison) est venu représenter avec classe le rock belge actuel. Les ayant déjà vu au Palais de Tokyo en janvier (voir notre article : http://www.musiqualite.net/article.php?numero=185 ) dans un cadre plus « tranquille », il nous fallait découvrir leurs visages pendant un festival rock. Ce qui était prévisible a effectivement eu lieu. Soldout a enflammé le Glaz’Art. Avec quels moyens ? Un son lourd, travaillé et millimétré pour la scène. Les fréquences sonores de Baboulis survolent et virevoltent au-dessus du public. Saturé, assourdi puis éjecté des amplis avec force, chaque son électrise la peau et remonte le long de l’échine. Maison de son côté injecte sa touche rock, oscillant entre voix criée et suave-sexy. Soldout en somme ! Elle enchaîne les titres avec constance et mordant. Les toujours très excellents « I Don’t Want To Have Sex With You », « We Are Soldout » et « I Can’t Wait » ne font qu’enrôler la foule une fois de plus dans le chant des refrains. Sorti d’un concert comme celui-là, le contact de l’air frais est plus que bienvenue.
En guise de conclusion. Même si nous avons malheureusement manqué des groupes tels que Rhesus, Syd Matters ou encore Ignatus, le festival Dans la Série des Inaperçus, à échelle très humaine, semble être finement visionnaire. Si Hollywood Porn Stars ou Mickey 3D vous disent quelque chose, alors les groupes cités dans cet article ne tarderont plus à vous être connus. On attends la prochaine édition !
Crédits photos: Nicolas Maquestiaux
Les sites officiels de chaque groupe :
Asyl : www.asyl.fr/
Daisybox: www.daisyboxgeneration.com
Sold Out: www.soldout.be
Hank Harry : www.hankharry.com/ (Dernier album « The Girl Of My Dreams », Dreamboyrecords, sortie février 2006)
Montevideo : www.montevideo.be

Nicolas Maquestiaux
En savoir plus :
Site du festival
Glaz'Art
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