Festival de Otoño "Yann Tiersen 100% rock à Madrid"
Pour ces premiers jours du festival d’automne, Yann Tiersen se produit sur la scène de l’École d’Art Dramatique. Les espagnols connaissent surtout l’artiste grâce à ses B.O. des films « Amélie » et Good Bye Lenin. D’ailleurs, les madrilènes qui espéraient entendre jouer la bande son du film de Jeunet ont dû être déçus. Ce soir, c’est plutôt le rock qui était à l’honneur.
Madrid, 12 octobre 2005 (De notre correspondant local) - Yann entre en scène, seul et boiteux, « à cause de trop de sport » et commence le concert, sereinement, entonnant les airs d’« Amélie ». La suite prend rapidement une tournure quelque peu surprenante.
Les musiciens rejoignent le chef et lancent quelques airs chantés des anciens albums qui raviront les fans. Puis c’est une sorte de machine Rock abstraite qui se met à chauffer progressivement.
Des morceaux expérimentaux, atmosphériques, en parfait équilibre entre la lourdeur, la chaleur des basses et le sifflement continu, planant des ondes Martenot. On assiste à quelques envolées punk, notamment quand le guitariste (Marc Sens) prend le micro. Ce même guitariste qui prend goût à toucher sa guitare avec tous les ustensiles qui lui tombent sous la main : il la fait gémir à l’aide de l’archet de Yann puis d’une baguette de Ludovic Morillon (batterie), et enfin c’est le matos du technicien qui y passe lorsqu’il attaque son instrument à la perceuse (si, si !). L’effet est d’ailleurs en phase avec l’ensemble musical : il fait frotter le moteur sur les cordes en jouant sur le régime de la perceuse. Quant à Yann, une véritable allure de rock star jouant avec précision dans cette confusion sonore.
Au moment le plus chaud du concert, on vient à être franchement frustré d’avoir le cul collé sur les fauteuils du théâtre… Après un bon moment d’agitation scénique, Yann reprend calmement son accordéon, on croit être sauvé. Mais ce n’est qu’une illusion car sa bande ne tarde pas à remettre la sauce rock, alors que les mélodies familières tentent de sortir de ce vacarme électrique.
Vibrant et surprenant, Yann Tiersen est une nouvelle fois apparu comme un artiste complet, capable de tout et ouvert à toutes les expériences musicales. Pour le plus grand plaisir des madrilènes qui n’ont pas regretté d’être venus ce soir-là.

Nathanaël Lamellière
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