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Festival Solidays 2005 |
Festival Solidays 2005 "Le bilan du dimanche"
Petite bouffée d’air pur dans un été parisien, le festival Solidays a rassemblé des jeunes du quatre coins du nord de la France aux envies de monde solidaire et de gros son.
Pour nous, tout débute à Porte Maillot. On a loupé la navette qui pouvait nous emmener sur le site du festival. Il fait plutôt beau et il nous faut rejoindre à pied l’hippodrome de Longchamp à quinze minutes de marche de là. Randonnée du dimanche. Puis comme dans une vraie rando, au bout dudit quart d’heure, des arbres, toujours des arbres, pas l’objectif souhaité. On décide donc de passer à l’offensive, on fera du stop. Une minute, peut être deux, et une voiture de deux gars souriants nous prend, ravis de leur journée Solidays de la veille : « Y’avait une super ambiance, on a presque vu tous les concerts : Patrice, c’était un peu décevant, mais bon on était pas à fond non plus, on buvait une bière...alors bon. On a aussi vu de la chanson française, Têtes Raides, la Rue Kétanou, mais surtout Le Peuple de L’herbe qui a complètement mis le feu, tout le monde sautait partout». Une bonne entrée en matière. Maintenant à nous de faire notre opinion. A notre arrivée, la belle voix rock de Patti Smith résonne au loin. Des jeunes de tous horizons se baladent en bande, en couple ou pique-niquent sur l’herbe, l’ambiance, entre camping festif et festival grand public, semble détendue, sans complexe. Les dreadlocks avoisinent les cheveux rouges, les tresses afro et les piercings/ crête discutent autour d’un demi de bière ou d’un kébab. Pas de discriminations ni de regards en coin sur cette pelouse.
On se dirige d’abord vers le chapiteau où la Compagnie Sokan, originaire d’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Mali, République de Côte d’ivoire), nous fait bouger : balafons, djembe, dum-dum et chœurs nous propulsent du côté de Bobo-Dioulasso au Burkina. Anne-Yolaine Diarra, rare femme à jouer du djembé, française de surcroît ; et surnommée « la perle blanche de Sokan » tape le djembe avec dextérité.
Ensuite, on se dirige vers la scène couverte où Kool Shen devrait livrer un show représentatif de sa carrière monumentale. Là, assise au pied d’un arbre, une brune tressé interroge : « Mais il a pas dit qu’il arrêtait le petit rappeur, là ? », « Qui ça, lui répond son pote, Kool Shen ? ». Et oui le « petit rappeur » raccroche après la tournée des festivals. L’ancien complice de Joey Starr au sein de NTM livre ses derniers moments de scène entouré des gars de Sérum, signés sur son label. Les morceaux de Dernier Round, son dernier album enflamment la foule, mais le meilleur de Kool Shen date immanquablement de « Paris Sous les Bombes », avec des morceaux comme « Qu’est ce qu’on attend pour foutre le feu ? », ou le classique mais fumant « Passe le oinj »...Kool Shen a 39 ans, toutes ses dents, un flow intact, et toujours une énergie hors du commun. La mise en scène de ce show symbolise son prochain départ et Kool Shen s’efface souvent au profit de Sérum: il laisse la place aux jeunes. Un rappel, phénoménal, puis vite, pas encore remis de nos émotions, on traverse tout le site du festival pour retrouver Tiken Jah Fakoly qui électrise une foule immense. Le son est bon : les musiciens-phénomènes Sly & Robbie donnent le change pour des accents plus dubs ou quelques riffs bien sentis. L’Ivoirien nous transporte dans une galaxie sonore déjantée et réellement politiquement incorrecte. En courant de droite à gauche sur la scène, il balance les plus grands morceaux de sa discographie. Pour les milliers de personnes présents ce soir il scande « Réveillez vous ! Agissez !». En clôture du festival les vibrations de Tiken Jah Fakoly résonnent dans la nuit, dans nos esprits, et fixent les contours d’un monde plus solidaire.
Crédits Photos : DR et Matthieu Pouré (pour la vache).

Eglantine Chabasseur
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Site officiel
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