Fink
"Composer des chansons est une vraie thérapie"
Rencontre avec ce Ninja hors du commun, passé des platines à la guitare sèche. Fink sort un deuxième disque folk Distance and Time. Ecrire des chansons relève bien de la thérapie, l’ancien Dj parle de la vie, du quotidien. Et beaucoup des filles...
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propos recueillis par | le 08/10/2007 |
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Fink
: « Tu peux dire beaucoup avec des paroles, des choses que tu ne peux pas dire avec un morceau instrumental. »
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Dans ce nouveau disque tu as une chanson intitulée Blueberry Pancakes, ton album précédent s’appelle Biscuit for Breakfast. Il y a quelque chose avec la nourriture, non ?
J’adore la nourriture, c’est pour cela que j’aime Paris ! Pour moi, la nourriture est associée aux relations humaines. Blueberry Pancakes raconte un moment particulier, vraiment encré dans mon esprit. Quand j’y pense : on est dimanche matin et quelqu’un m’amène le petit déjeuner en portant un de mes tee-shirts, cela me manque vraiment…
Biscuit for Breakfast raconte que lorsque l’on travaille trop dur, on a juste le temps de manger des gâteaux.
Tu écris toutes tes paroles. Des chansons à textes… c’est une autre manière de faire de la musique, non ?
Bien sûr. Tu peux dire beaucoup avec des paroles, des choses que tu ne peux pas dire avec un morceau instrumental. Pour moi, c’est comme une thérapie, une vraie thérapie.
Dans une chanson, je peux me parler à moi-même… et les choses sortent. Il faut dire que dans mes morceaux, il m’arrive assez souvent de parler de moi, d’avoir une conversation avec moi-même sur moi ! Donc, tu vois, c’est vraiment une bonne thérapie.
Mais le danger avec une thérapie, c’est que cela s’arrête un jour !
Non, ça ne s’arrête jamais ! Mais si je deviens très heureux, que tout va bien et que tout le monde pense que je suis génial, que je gagne beaucoup d’argent…. je n’aurais plus assez de matière pour écrire. Ce n’est pas marrant d’écrire sur le bonheur…
Pour l’instant, je n’ai pas ce genre de soucis : c’est difficile, je suis pauvre et affamé de succès ! Peut-être que dans cinq disques, je penserai que ça suffit. Je n’aurais plus envie de parler de moi.
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Fink
: « Toutes les chansons ne doivent pas être très profondes, très intenses. Certaines doivent juste être jolies »
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Quand tu écris une chanson, tu commences par les paroles, par la mélodie ?
Je commence par la guitare, j’écris une chanson instrumentale. Je retravaille beaucoup mes chansons. Un seul morceau est venu comme ça. Quand j’ai composé If Only, j’avais la mélodie dans la tête, j’étais dans un train. Je suis sorti de la gare, et j’ai écrit la chanson dans un café à Londres.
Au contraire, j’ai mis deux mois à terminer This is the Thing Et je la préfère car dans If Only, je trouve qu’il y a des éléments un peu faciles, un peu rapides. Certaines personnes trouvent que c’est charmant. Et puis, toutes les chansons ne doivent pas être très profondes, très intenses. Certaines doivent juste être jolies.
Deux disques à un an d’intervalle, une centaine de concert. Tu n’arrêtes jamais !
Je voudrais continuer à produire un album par an. C’est vrai que c’est un rythme infernal : écrire, composer, enregistrer, jouer, faire la promotion, écrire, composer, etc. Je suis très occupé, et fatigué. Mais on peut le faire, j’en suis certain. La preuve ? Nous sommes allés deux fois en studio à un an d’intervalle. Et entre temps, on a joué aux Etats-Unis, en Europe, en Japon, en Australie…
Mais à Noël, c’est toujours calme. Alors chaque année, j’écris si je peux. Car tout le monde est parti, tout le monde est tranquille, donc j’ai du temps : une ou deux semaines.
Tu composes beaucoup ?
Oui, et pas seulement pour moi. Et c’est bien car quand j’écris des chansons, si les autres aiment, c’est cool… sinon, tant pis, je les garde pour moi ! Là, je reviens juste de Los Angeles où j’ai rencontré John Legend. C’est super car il a une voix incroyable et il aime que toutes mes chansons aient un thème… je lui ai proposé une chanson un peu effrayante sur les rencontres, les troubles dans les relations sentimentales.
Il y a une vraie différence avec les morceaux du style : « hey baby, viens me voir dans un club, etc. ». Quand je travaille avec des artistes américains, je leur apporte une certaine réalité européenne, j’évoque des situations que tout le monde a vécues. Par exemple : quand une fille te dit qu’elle t’aime pour la première fois, qu’est-ce que tu dois répondre, ce que tu ressens, etc.
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Fink
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« Quand tu es Dj, ce qui est important, c’est donner du bon temps à la foule. Quand tu es en groupe, tu dois être un très bon musicien. C’est différent. »
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Sur scène, vous êtes trois. En studio, tu as travaillé avec un producteur. C’est nouveau pour toi de travailler en équipe ?
Quand j’étais Dj, j’étais seul en studio. J’aimais bien mais ce n’était pas très amusant. C’est sûr que tu peux bien t’amuser tout seul, mais c’est quand même mieux de partager ! Maintenant j’ai un groupe, nous sommes trois. J’aime travailler avec mes musiciens, partager ce que l’on vit. C’est très agréable.
Tu as changé de style sans changer de label. De la chanson folk sur le label londonien Ninja Tune, c’est un peu surprenant, non ?
Au départ, j’ai signé sur Ninja Tune parce que c’était un label pour les Dj’s. Aujourd’hui, les choses ont changé : je pense qu’il y a deux types d’artistes sur ce label. Les Dj’s comme Coldcut, Hextatic, Food, Kentaro, et à côté The Cinematic Orchestra, Bonobo, Fink, The Heavy…
Ninja Tune m’a demandé si je voulais aller sur leur label rock Counter. J’ai dit non ! Je suis sur Ninja Tune depuis des années. Et puis finalement, c’est plus original pour Ninja Tune de produire mon disque que de me mettre sur Counter. Beaucoup de gens en ont parlé l’année dernière, parce que c’était tellement différent, et pas vraiment « Ninja Tune ». Et c’est vrai !
Tu es fier de cela ?
Oui ! Je suis fier d’être différent.
Ta relation avec le public a beaucoup changé depuis que tu n’es plus Dj ?
Elle est complètement différente. Quand tu es Dj, ce qui est important, c’est donner du bon temps à la foule. Quand tu es en groupe, tu dois être un très bon musicien. C’est différent. Tu n’as pas forcément besoin de divertir mais il faut être excellent, chercher à concerner les gens qui sont venus te voir. Et si tu essaies vraiment, tu reçois beaucoup d’amour.
Quand tu joues sur scène, tu observes les réactions du public ?
Moi pas du tout, mais le groupe, oui. Je suis tellement concentré, je ne peux pas regarder ce qu’il se passe autour de moi. Si c’est une chanson que j’ai beaucoup jouée, je suis plus à l’écoute… mais pour les nouveaux titres, c’est très difficile pour moi.
Tu te préoccupes toujours de l’avis du public ?
Nous avons pas mal « testé » les titres de ce nouveau disque en live. Alors quand le public n’aimait pas, je les ai beaucoup retravaillé avant de les enregistrées. Et puis certaines chansons fonctionnent mieux sur scène, d’autres mieux quand elles sont enregistrées.
Parfois, je réécris complètement les chansons pour la scène.
Concert
Fink est en concert le 24 octobre au Café de la danse à Paris. 
Propos recueillis par
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Site officiel
Lire la chronique de l'album Distance and Time
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