Vélocité classique, groove jazzy et boucles électroniques : le jeune pianiste Francesco Tristano promet une nouvelle vie à un instrument trop souvent enfermé dans les carcans. Douceur, mélancolie, vivacité. Mille émotions émergent de ce disque. Une belle performance à apprécier cet été en concert le 28 mai à Paris. Ou le 30 juillet au festival de la Roque d'Anthéron.
par Alwa Deluze | le 22/04/2007 | genre: piano détourné
Un homme, un piano. C’est bien conventionnel, parfois ennuyeux et souvent sans surprise. Et pourtant, dès la première écoute, Not for piano possède la qualité rare d’accrocher l’oreille, d’intriguer et de surprendre. A l’origine de ce disque inclassable, un pianiste doué : Francesco Tristano. Le jeune homme, comme la plupart des musiciens talentueux, parcourt le monde entier pour jouer Bach ou Mozart, se produire en solo ou avec un orchestre classique. Mais Francesco Tristano ne s’en contente pas, il ne dissocie pas les compositeurs d’antan et la musique actuelle. Il explore tous les univers musicaux, il cultive curiosité et audace.
Très tôt, Francesco Tristano dévore les partitions classiques, compose, découvre le jazz qui l’intrigue et le captive. En grandissant, le musicien multiplie les formations, les rencontres. Il travaille aujourd’hui régulièrement avec le brésilien Raimundo Penaforte – ils signent tous les deux un morceau sur ce disque - ou en duo avec un autre pianiste, le franco-libanais Rami Khalifé. Avec eux, il invente des formations, confronte les genres. Avec son ensemble The New Bach Players, il improvise sur les thèmes des Quatre saisons de Vivaldi.
Sur Not for piano , il va plus loin en rendant une forme d’hommage aux papes de la musique électronique : Derrick May, Jeff Mills ou Autechre. Francesco Tristano s’approprie savamment leurs thèmes et déforme leurs boucles avec art. Sans s’éloigner de la construction lancinante si propre à la musique électronique. Le résultat est plus que séduisant. Ce disque est tour à tour vif et angoissant (Andover), lancinant (Hello), mélodieux et rafiné (Barceloneta trist). Des univers jazzy aux accents contemporains, de la douceur… Francesco Tritano fait parler son piano pour nous entraîner dans un savoureux voyage. Bravo et merci.
EN CONCERT
Le 28 mai 2007 à Paris
au Théâtre de l'Atelier
1, place Charles Dulin
Paris 18ème
Le 30 juillet 2007
au Festival de piano de la Roque d'Anthéron
(Bouches du Rhône)