CD/Disque
Francoise Hardy "Parenthèses"
|
|
 On attendait son retour depuis longtemps. Pourtant, Françoise Hardy déçoit avec un album de duos inégaux et prétextes. Une parenthèse qu’on ne retiendra pas.
| par Aena Léo | le 03/02/2007 | genre: chanson |
|
|
Il est de certains albums comme les cadeaux de Noël. Alléchants, brillants, attendus avec une impatience mal feinte. Malgré des années d’expérience de présents à côté de la plaque vite refourgués sur e-bay, on espère tout de même trouver dans le paquet la huitième merveille du monde. Qui ne s’y trouve jamais. Le nouvel album de Françoise Hardy, à sa manière, soulevait les mêmes attentes vaguement démesurées. Enfin la belle – que les moins de 25 ans ont découvert, il faut le dire, grâce à la chanson clin d’œil de Vincent Delerm- allait bercer à nouveau nos oreilles de sa voix murmurée. De ce côté-là, le plaisir est complet. Son timbre clair, son phrasé de velours n’ont pas pris une ride.
Mais le choix de la forme, une série de dix duos revisitant le répertoire français, laisse un goût d’inachevé. On voulait la retrouver seule, rien que pour nous, entière, voilà qu’on se coltine des titres plus ou moins réussis avec Mauranne, Salvador et Delon. Parlons de ce dernier. Modern Style, qu’ils interprètent ensemble, souffrent de longueurs, irrite, le couple ne colle pas. Les autres bellâtres venus au secours à la belle ne s’en tirent pas mieux. Jacques Dutronc, Souchon et… Julio Iglesias. Là encore, malgré la sublime voix de Françoise, quelque chose sonne faux, artificiel. Plus réussi, le titre avec Arthur H, avec qui elle avait déjà chanté en 2004, tandis que celui avec Mauranne a quelque chose d’incongru.
L’album réserve néanmoins quelques bonnes surprises. Comme le La valse des regrets, une valse de Brahms interprétée avec la pianiste Hélène Grimaud. On a alors l’impression d’entrevoir –vraiment-, Françoise Hardy, son mystère, sa profondeur. Mais trop peu.
Au final, l’album porte bien son nom. Parenthèses. On aimerait ne pas s’en souvenir, malgré la qualité certaines des titres. En choisissant ces duos, Hardy a voulu marquer son retour sans totalement s’exposer. Angoissée, peut-être, par l’enjeu de ce disque come-back, elle s’est réfugiée derrière une palette d’artistes connus et divers, censés lui assurer un succès certain. Mais les prises de risque minimum n’ont jamais fait que des albums en demi-teinte.
Aena Léo
Françoise Hardy, Parenthèses, sortie chez EMI/Virgin fin 2006.
|