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| Reportage - |
Girls Against Boys à la Maroquinerie |
Girls Against Boys à la Maroquinerie "Une silhouette toujours accrocheuse"
Revenus des pays de l’Est avec quelques dates en main histoire de se les réchauffer, les Girls Against Boys ont tout bonnement ravivé la flamme d’un public français impatient. Ces gars de Washington, véritables fils d’un post-hardcore matinée de rock lourd et compact auront martelé pendant deux longues heures l’ouïe d’une assemblée de convaincus. Un concert inattendu et finalement improbable. A n’en pas douter, les années 90 et ses dégénérescences sonores auraient certainement remis en place bon nombre de rockeurs d’aujourd’hui.
Ceux pour qui certains auront dédié tout un pan de leurs desseins musicaux, et présents ce soir-là, ont assurément pu assister à une prestation riche et à la hauteur de leurs espérances. Un set ravageur retraçant à peu de chose près l’itinéraire suivi par ce groupe (ex-)leader d’une scène post-hardcore à tendance rock, officiant vers la fin des années 80 jusque vers le début des années 2000. Girls Against Boys, ou GVSB pour les plus initiés, en aura influencé plus d'un, calé dans les traces des aînés du genre qui auront défriché le chemin avant eux. Fugazi, Cop Shoot Cop ou bien Sonic Youth , ne seront pas en reste pour avoir transmis ce goût d’un son déchirant l’air au premier riff venu, saturant l’espace sonore de deux basses éprouvantes.
Aux manettes desquelles opèrent Alexis Fleisig, ainsi qu'Eli Janney envoyant dans un second temps des pics de claviers criards, électriques et accrocheurs. Un élément vital de l’univers de GVSB, puisque c’est par ces formes d’intermittences qu’est relancée la machine, en accord avec les riffs de Scott McCloud. Et nous y venons à ce chanteur-guitariste charismatique, regardant un peu les gens de haut et donnant l’impression de marcher à chaque pas sur une mine. Le regard tout aussi acéré que ses riffs tourbillonnants et sèchement introduits en début de titres (The Come Down, Basstation, Click click). De mèche avec le duo de bassistes dès les débuts du groupe, McCloud apporte un timbre de voix et une façon de chanter jusque là peu usitée. Grave et rauque, sa voix tiraille et parle parfois avec lassitude pour aboutir sur un ton beaucoup plus cinglant. Un langage qui se marie justement avec Miami Skyline ou Tweaker issus de l’album You can’t fight what you can’t see tout comme avec Disco six six et Super-fire de House of GVSB. Une touche particulière relayée de riffs incisifs et tranchants rappelant l’assemblée à l’ordre.
Avec un style taillé et efficace, GVSB a exécuté un retour scénique quasi inespéré après plus de quatre ans d’absence. Au marqueur indélébile, nous repartirons avec en mémoire un souvenir ponctuel mais auquel nous ne manquerons pas de faire référence !
Crédit photos : Robert Gil
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Nicolas Maquestiaux
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