Depuis le crash du Lynyrd Skynyrd en 1977, le rock sudiste a toujours eu du mal à se tailler sa place sur le vieux continent.
Les plus avertis possèdent les discographies de Blackfoot, Molly Hatchet, 38 Special ou encore Point Blank via le circuit import. Autant dire que le genre reste représenté par les compilations de ZZ Top pour le marché français. Alors, quand une galette chaude bouillante fait fondre la pile des albums en attente de chronique, autant y coller le tympan le plus vite possible.
Les Grady sont des Texans, des vrais durs, comme on les aime. Mal rasés, pas polis et fort bruyants. Donc un power trio avec tout ce qu’il y a de vrai à l’intérieur pour faire suinter la scène, la salle et tout ce qui se trouve derrière le bar.
Grosse guitare, sable chaud dans les narines, rythmique plein pot et une voix pétée entre deux gorgés de whiskies. Grady sait éviter le déjà-vu avec une puissance de feu suffisamment optimisée pour faire vaciller ce nouveau millénaire. Sous la couche de crasse amenée par une énorme guitare, les mélodies sont bien présentes et plutôt tenaces
Onze canettes de bière fraîche balancées en 45 minutes, le score final vaut la peine que l’on range ce pack de blues rock aux côtés des meilleures sorties du genre.
Le rock américain a ainsi de nouveaux héros. Gordi «Grady» Johnson (chant et guitare), «Big Ben» Richardson (basse) et Billy «Thunderball» Maddox (batterie) se sont incrustés chez Willie Nelson, au studio Pedernales pour y enregistrer ce premier effort studio. Y.U. so shady» a été ficelé en à peine sept jours. Vite fait, très bien fait, ce disque marque un fort penchant pour les aromates de houblon et une formule rock dont l’efficacité n’est plus à prouver.