| Solidays 2007 - |
Grand Corps Malade à Solidays |
Grand Corps Malade à Solidays ""Mon premier kiff reste la scène""
Il a popularisé le slam en France. Sa voix grave, ses textes engagés et sa poésie récitée ont conquis le pays en quelques mois. N’empêche, Grand Corps Malade continue de visiter hôpitaux, MJC et collèges pour y faire découvrir sa passion. MusiQualité a rencontré le slamer avant son passage sur scène.
Comment abordes-tu ce passage à Solidays?
Comme chaque premier concert d’une tournée et comme chaque passage en festival, où l’on joue devant une bonne partie de spectateurs qui vous voient pour la première fois. Avec un enjeu en plus cette fois : je joue d’abord pour soutenir la cause.
Quel est ton moteur artistique ?
Avant tout la passion. Au début, je jouais a capella dans des lieux confidentiels. J’ai conçu l’album avant tout pour pouvoir continuer à faire plus de scène. C’est un enjeu différent : dans un bar, les mots partent. Sur un disque, ils doivent être bons, c’est une responsabilité supplémentaire. Mais mon premier kiff reste la scène.
Quel effet ça te fait de voir un public qui récite tes textes par cœur ?
C’est très drôle ! Au début, c’était perturbant. Je me prenais à fixer leurs lèvres pouvoir s’ils récitaient tout bien. Voir des gens qui chantent des textes écrits sur une petite table et qui parle de moi est une reconnaissance de dingue.
Cela ne t’influence pas pour les nouveaux textes que tu composes ?
Non. J’ai toujours écrit en imaginant les quelques personnes à qui je le présenterais dans un bar en fin de semaine. Pas plus. Je le fais toujours, en essayant de garder un maximum de sincérité. Le jour où on élabore des stratégies dans l’écriture, on est perdu.
Tu donnes toujours des cours de slam ?
Oui. J’ai toujours mon atelier hebdomadaire avec des jeunes de MJC et des retraités. Je mène aussi des actions ponctuelles dans des collèges.
Qu’est ce qui t’as donné envie d’écrire ?
Ado j’écoutais du rap et j’avais envie d’en écrire. Mais le vrai déclic m’est venu avec la découverte du slam, en 2003. Une vraie claque : je me suis mis à écrire comme un fou.
As-tu été inspiré par des poètes classiques ?
Non. Je les détestais à l’école. Quand j’ai commencé à écrire du slam, je les ai relus et… je déteste toujours ! Sûrement parce que je suis dans l’oralité. J’ai besoin qu’un auteur me lise ses textes pour les aimer. Si Rimbaud me récitait ses poèmes là, je kifferais sûrement !
Le slam se récite normalement sans instrument. Pourquoi as-tu pris le parti de l’accompagner de musique ?
Quand je récitais dans les bars, j’ai eu envie de garder une trace des mes textes. J’ai pensé en faire un recueil, mais il manquait l’oralité. Puis j’ai pensé à un album : des textes bruts, récités comme ça, ça aurait été chiant ! Alors je les ai mis en musique avec mes musiciens.
As-tu un rituel avant de monter sur scène ?
Je me prends un petit quart d’heure pour réciter mes textes.
Parmi les autres artistes programmés sur le festival, avec qui aurais-tu aimé faire un duo ?
Lauryn Hill !
Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Tournée tout l’été avec une pose en août. En novembre, on rentre en studio pour le deuxième album, qui sortira courant 2008.
Retrouvez ici notre page spéciale Solidays 2007. Au programme : comptes-rendus et interviews de Superbus, F.F.F., Adrienne Pauly, Grand Corps Malade, Karpatt…
Retrouvez ici la chronique de Midi 20, le premier album de Grand Corps Malade.
Crédit deuxième photo : Simon Lamellière.

Aena Léo
En savoir plus :
Le site de Grand Corps Malade
|
|
|