CD/Disque
Harold Budd "The Serpent (in quicksilver) & Abandoned cities"
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  Notes errantes et mélodies sinueuses constituent l’architecture d’un album où la solitude remplace le silence. Evocation musicale d’une dépression nerveuse.
Non, ce n’est pas mou et ennuyeux. On dit que c’est minimaliste. On ne pourra pas reprocher à Harold Budd d’en faire de trop. « The Serpent in Quicksilver » et « Abandoned Cities » sont deux albums (le premier de 1981 et le second de 1984) qui viennent d’être réédités sur un seul et même disque par le prestigieux label créé par Brian Eno. En solo, les morceaux évoluent au gré d’accords suspendus répétés selon un tempo qui n’a de rythmique que le nom. Il est difficile de taper du pied en écoutant le pianiste Harold. Le propos est pour le moins épuré voire monosyllabique. Les notes paraissent solitaires, comme abandonnées et laissées à leur errance abyssale. Quelques arpèges de-ci, de-là, rien de plus hélas. Pas grand chose à se mettre dans le creux de l’oreille.
Alors que dire ? Risquons la comparaison. Ecouter Harold Budd, c’est un peu comme regarder pour la première fois « L’Odyssée de l’Espace » de S. Kubrick. Cela semble long et vous ne savez pas trop de quoi il s’agit. Ça plaît ou ça ne plaît pas. Harold dévoile le concept de sa création : « Faire en sorte que ma musique soit aussi belle que possible à chaque instant. » Entre le para normal et l’au-delà, autrement dire très loin, ce pianiste nous plonge dans un univers froid, livide et pâle.
Flirt avec le nihilisme, les compositions feraient passer Philippe Glass pour un Dj techno. Les nappes d’orgue planantes que l’on trouve en abondance apportent un « charme » gothique à l’ensemble. Messe noire d’une église hantée ou métaphore d’une histoire sans fin ? Impossible de trancher. Heureusement les morceaux sont courts : autour de 20 minutes pour les compositions de « Abandoned Cities ». On en vient à se demander quelle sera la prochaine production artistique de Harold Budd : un album sans musique ? Après tout, pourquoi pas. Trêve de sarcasme, il faut avouer qu’il est difficile de pénétrer dans cet univers assez hermétique. Bonne écoute et surtout gardez la frite !
Vincent Fertey
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