CD/Disque
Harry Connick Jr "Connick on piano vol 3"
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   « Chanson du Vieux Carré » est le troisième volume de la série Connick on piano. Et c'est bien l'esprit des parades dans Bourbon Street, à mis chemin entre Ellington et Armstrong, que l'on entend sur ce disque.
Berceau du jazz, La Nouvelle-Orléans survit tant bien que mal au drame Katrina. Les nombreux albums hommages n’ont pas été tous très heureux mais ont permis de se rappeler la profondeur des racines louisianaises du jazz. Une fois n’est pas coutume tous les profits issus des ventes du disque iront à la ville.
La genèse de ce disque a été la tournée du big band monté par Harry Connick Jr début 2006. L’occasion de ré-écrire et ré-arranger des standards de La Nouvelle-Orléans, comme « That’s a plenty », « Fidgety Feet », « Someday you’ll be sorry » mais également de célébrer ses origines. Ces productions devaient respecter l’esprit d’origine mais inclure également une note d’universalité et d’insolite. Des compositions plus personnelles comme « Hoagy Carmichael » ou « Chanson du Vieux Carré » complètent l’album final.
Vocaliste remarquable, Harry Connick Jr fait toujours parler de lui, peu importe le domaine dans lequel il s’illustre. La voix la plus séduisante depuis Frank Sinatra et une aura qui lui ouvre les portes du cinéma et des starlights de la variété. N’ayant aucun complexe à tout mener de front, il alterne les rôles : crooner jazz, pianiste talentueux et chef d’orchestre inspiré. Les duos avec Branford Marsalis dans le premier volet de Connick on piano « Others Hours » en sont une preuve indiscutable. Cet album sublime son talent d’arrangeur : il ne faut pas s’attendre à un plagiat remixé des standards new-orléannais mais à des compositions originales et personnelles qui swinguent avec naturel. La richesse d’Arthur Latin à la batterie suffit à déposer un voile de nostalgie sur « Fidgety Feet » tandis que la vigueur ellingtonienne de la trompette de Leroy Jones sublime les cuivres des « Chansons du vieux carré ».
Première écoute, première plage : la version du « Someday You’ll Be Sorry » de Louis Armstrong suffit à placer cet album au summum du genre.
Mathieu Ramspacher
Universal
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