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CD/Disque
Help She Can’t Swim "The death of nightlife"
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Passés de cinq à quatre membres, les Anglais ajoutent des talents d’orfèvres à la rage quasi-punk de leurs débuts, et nous offrent un second album indispensable.

par Fanny Chiarello | le 12/07/2007 | genre: quasi-punk

Help She Can’t Swim - The death of nightlife
(Lundi)
Les Help She Can’t Swim sont toujours effarés de voir leurs concitoyens se fracasser la tête à coups de drogues et d’alcool – c’est pourquoi ils ont intitulé leur nouvel album The death of nightlife : le fracas de tête n’est pas leur conception d’une vie nocturne satisfaisante. Etonnant pour un groupe que l’on peut qualifier, sinon de punk, du moins de punkoïde. Hier soir j’ai un peu bu – oh, franchement pas trop – et ce matin, l’album des quatre anglais me donne un peu mal à la tête. Il faut sans doute avoir une forme physique impeccable (ou la tête fracassée de bout en bout) pour suivre sans flancher le rythme effréné de ce disque. Moins énervé que le premier, sans doute, mais néanmoins sans relâche, avec une intensification au fil des titres.
Malgré toute cette énergie, des titres aussi courts que percutants, il serait réducteur de classer ce deuxième album dans la catégorie punk (« mensonger », diraient sans doute les amateurs du genre). On entend rarement, en effet, dans une chanson punk, des ruptures de rythme nous propulsant quelques instants dans un lyrisme sans complexe, porté parfois par une voix féminine, ni toutes ces sonorités électroniques, le tout au service de mélodies efficaces mais subtiles. La description pourrait évoquer Klaxons et leurs nombreux épigones, mais il ne s’agit pas que de ça, malgré des chansons qui, telle Hospital drama appartiennent manifestement au même univers, mâtiné de sonorités 80’s.
(Mercredi)
En deux jours et quelques écoutes, ma perception du disque a bien changé. Etrange objet à l’énergie brute mais qui, à mesure qu’on se familiarise avec ses grandes lignes enragées, continue de distiller des charmes inattendus. J’ai un peu bu hier, je l’avoue – oh, franchement pas trop – et pourtant ce matin, pas de Doliprane, ce n’est pas le rythme implacable du disque qui l’emporte dans mes enceintes, alors même qu’il tourne en boucle, mais le bonheur de ces fioritures qui n’en sont pas, ce clavier anachronique, l’harmonie des voix masculine (Tom Denney, parfois à la limite du Johnny Rotten) et féminine (Leesey Frances, presque un garçon), qui un instant, sur I think the record’s stopped, m’évoque Gomm, bien qu’ici le Monsieur crie beaucoup plus fort, les mélodies brodant leur mélancolie dans l’électricité saturée, à la Sonic Youth (Midnight garden, sommet de l’album). A bien y écouter, ces Anglais sonnent nettement moins anglais que leurs compatriotes new rave.
(Vendredi)
Je fêterai bientôt une semaine de vie commune avec The death of nightlife. Pour tout dire, j’ai du mal à écouter autre chose, c’est devenu une affaire intime. J’ai bien fait de commencer cet article alors qu’il n’était encore qu’un animal de laboratoire à disséquer, sinon je ne parlerais que des aspects les plus lyriques de ces chansons dont mon système nerveux a fini d’absorber toute la violence. La meilleure chose à faire, je crois, est de laisser ces paragraphes dessiner ce qui ressemble à un cheminement vers plus que de l’accoutumance : une dépendance. Je relis mes premières impressions comme j’écoutais une amie me dire, il y a plus de quinze ans, que les Pixies lui donnaient mal à la tête : avec effarement. Comment, me disais-je, peut-elle ne pas entendre toute la beauté convulsive qui sourd de ce bourdonnement électrique dont, moi, je ne perçois même plus l’agressivité ?
Help She Can’t Swim offre un album à apprivoiser, un véritable voyage mental dans le son, bien moins anodin qu’il ne peut le sembler au premier abord, je veux bien le parier.

Fanny Chiarello
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Fantastic Plastic Records / Pias, sortie le 7 mai 2007


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Dragged under a wave (extrait)

Midnight garden (extrait)

I think the record's stopped (extrait)

Hospital drama (extrait)

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