Chez Texier, le trombone barrit comme un éléphant, la contrebasse possède l’allégresse d’une girafe, le saxophone a la vitesse d’un guépard, la guitare l’allure d’un zèbre. Bienvenue dans une savane chaude où la lumière rase les herbes mi-hautes.
Epoustouflant de magie, Alerte à l’eau est au-delà de l’œuvre musicale, une mise en garde. Pourquoi l’eau ? Peut être parce qu’Henri Texier est breton et le crachin, ça le connaît. Sûrement parce qu’Henri Texier est un homme révolté qui refuse la passivité. Alors Alerte à l’eau, c’est un coup de gueule contre une sorte de catastrophe écologique inévitable.
Quoi de mieux pour symboliser cette lutte que d’emprunter l’épaisseur de la fanfare et la liberté de ton du free jazz dans lequel Texier s’est plongé adolescent. Cet album n’est pas une synthèse mais une nouvelle piste défrichée. Blues, jazz, reggae, rythmique afro, le jazz de Texier est généreux, sans concessions. Rien ne se ressemble. L’album est un hymne à la diversité et à sa beauté. Le message est bien passé. Merci Texier.