Venus de Londres mais labellisés en France, les Hey Gravity! sortent un premier album carré et riche qui ne s'arrête pas à une pâle copie de leurs aînés. Pas ultra novateur mais d'excellente facture.
Y-a-t-il saturation de rock en Grande-Bretagne? A force de bouffer de la guitare revival ou plutôt à force d'être inondée de nouveaux groupes, la fière Albion ne peut peut-être pas se coltiner tout son trépidant vivier. Il est du coup des formations britanniques qui s'exportent désormais ici pour se charger d'éclore, comme les agités Londoniens de Hey Gravity!. Ce quintet ne désespère toujours pas de dénicher un label en Angleterre pour sortir leur premier album à la maison, mais en attendant, c'est sur l'hexagonal Dad Records, et donc en France que leur galette déboule dans les bacs et secoue nos oreilles. On sera bien loin de s'en plaindre tant ce nouveau et énième groupe de rock parfumé à l'ancien, malgré tout, se montre franchement intéressant.
Car Hey Gravity! ne reprend pas tout à fait la même formule des innombrables jeunes formations rock à la mode qui sévissent de Londres à parfois New-York puis maintenant Paris, avec souvent ce peu d'inspiration et ce peu d'originalité (même si parfois, on en convient, ça sonne quand même super bien). L'ouverture du disque peut être trompeuse. Malgré quatre morceaux joués dans l'urgence et moulés dans le ton du rock branché (et actuel même si on jouait le même il y a trente ans), ce Risen propose d'autres tonalités par la suite. Les Hey Gravity! savent prendre leur temps et dérouler leur musique autrement. Les rythmiques se délient, la basse sait se faire ronde et linéaire, les guitares moins vintage et plus californiennes pour des morceaux bien plus pop. Avec parfois même des allures de Hole (Making headway). Ou quelques effets dub sur la rythmique (Bird in a cage). Le quintet de Londres n'hésite pas non plus à glisser quelques claviers discrets, comme sur le superbe Nobody's Fool, mais sans jamais tomber dans l'électro-rock. Avant de claquer à nouveau quelques petites bombes pied au plancher sans dépasser les trois minutes. Du coup, on pourrait dans les grandes lignes les comparer à un Metric plus organique.
Entre changements de rythmes et d'ambiances, mais pleinement rock, ce Risen se démarque suffisamment pour qu'on y jette une oreille attentive. Un disque qui donne de l'air.
Vus au Festival Garorock à Marmande (47) le 07 avril : ils gagnent à être connus ! Justine Berry est survoltée et super enthousiaste, c'est un plaisir.
Fabricele 15/03/2007 à 21:06:18
Ouai putain! Cet album est vraiment de la balle!
Ca envoi, c'est frais et péchu.
Je suis assez d'accord avec vous Mr Cottineau. Ca redonne une petite claque face à ces avalanches de rock "chic" ou selon mes propres termes, de soupe, qui viennent polluer notre environnement sonore.
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