C'est vrai qu'il y a quelques années qu'on attendait cet album. Depuis 2002 environ ou 2003, peut-être; bref depuis que les deux Julien (Garnier et Gaulier) tournent dans les salles parisiennes avec leurs brûlots. C'était, à l'époque, sous le nom de British Hawai, power trio punk rock, héritier des Pixies et de Pavement. Au milieu de ses titres abrasifs, le groupe ose de rares balades dévoilant son penchant pour le folk et l'acoustique, comme en témoigne le classieux Too much space (présent sur l'autoproduit de British Hawai et réenregistré ici). Hey Hey My My voit ainsi le jour, joli clin d'œil à Neil Young, affichant clairement les influences du groupe. Mélodies épurées, acoustiques belliqueuses, arpèges entêtants, harmonies vocales, l'âme du loner hante ce premier album éponyme. Entourés d'un nouveau bassiste et d'un batteur, les deux compères ont trouvé leur équilibre et se taillent des morceaux sur mesure. Hey Hey My My a un talent indéniable pour écrire ces petites histoires buccoliques qui nous imposent la bonne humeur, sincères et sans excès, entre pop sautillante (I need sometimes), country décomplexée (Morricone) et balades fluettes (Your Eyes when We Kiss, Merryland). A l'heure du téléchargement boulimique, des productions bâclées et des rock band éphémères, un travail aussi authentique et sincère mérite un coup de chapeau et quelques lauriers. Le brillant Poison, avec son lyrisme luxuriant et son refrain dévastateur, justifierait à lui seul l'acquisition de ce premier album prometteur. Rock'n'roll will never die. Merci pour lui !