CD/Disque
Hi Tek "Hi Teknology vol.2"
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    Très bel album du producteur historique de Rawkus, qui varie ses angles d'attaque pour des compositions émouvantes et dans l'esprit hip-hop le plus classique.
Hi Tek sera peut-être connu plus tard, lorsque sociologues et musicologues se pencheront sur l'histoire récente du rap, comme l'un des rares producteurs à avoir dépassé l'espérance de vie d'un album ou d'un été. Au début des années 2000, Tek produisait en majorité des sons pour l'écurie Rawkus, qui rassemblait les fans de hip-hop de la première heure. Des boucles créatives, des inspirations jazz, et une pléiade de potes pour transcender le tout. Mos Def, Common, Talib Kweli (avec qui il a réalisé l'album Reflection Eternal), et une patte proche des intellos de la côte est, qui ont toujours voulu porter le rap à un niveau de pensée plus élevé. Son premier solo était plus qu'honnête, avec notamment le superbe All I got is you de Cormega. Par la suite, Hi Tek s'est un peu exilé de Cincinnati pour produire les autres, et surtout d'autres écoles de son. Allant jusqu'à -innovation suprême- produire des titres pour la G-Unit engendrée par Dr Dre, prouvant ainsi que les vieux conflits Est/Ouest étaient passés à l'as. Bel effort que celui de produire 50 cent ou The Game sans renier ses origines funky et soul, tentant au contraire le cross-over entre les deux styles.
Une telle réussite et cette longevité lui vaut d'être très bien accompagné pour ce deuxième effort solo. Jugez plutôt : Snoop, Kweli, Raekwon, Q-Tip, Ghostface, Kurupt, Papoose, Nas, Common, Jadakiss, Xzibit... On se croirait aux Source Music Awards. Et n'y voyez pas uniquement l'étalage de stars, ça fonctionne d'enfer. Difficile de citer des morceaux en exergue tellement l'ensemble est brillant. Hi Tek a même fait le choix judicieux d'inviter le groupe de son père, le Willie Cottrell Band, qui joue sur Josephine avec Ghostface. Deux morceaux superbes durent plus de cinq minutes, une ode à New York (Where it started at avec Raekwon et Jadakiss) et Music for life, qui reprend une instru de J Dilla, avec Nas et Common. Le fils du producteur est là aussi, sur l'interlude très drole I think I got a beat, où Tek ajoute un beat à la compo du fiston sur son jouet ! Q-tip et Kurupt sont monstrueux sur Keep it moving. Mais d'autres morceaux pêchent un peu, faute de vrai renouvellement. C'est le cas de March avec Busta Rhymes, 1-800 Homicide avec The Game, ou une autre piste avec la bande à Xzibit, peut-être le rappeur le plus surestimé de la decennie. Mais malgré ces (relatifs) ratés, ce disque s'impose comme l'un des meilleurs de 2006, ouvrant large ses influences et susceptible de plaire à de nombreuses écoles du mouvement hip-hop.
Matteu Maestracci
Babygrande Records
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