Après deux singles en 2006, première « vraie » livraison du quatuor qui, comme son nom l’indique, vient de Liverpool. Une sorte de rock arty décliné sur 13 titres, agrémentés de-ci de-là de drôles de choeurs. Le tout mâtiné d’une rythmique quasi-punk. Bref, un drôle d’objet sonore.
Hot Club de Paris aurait pu être le nom d’un bouge jazzy de Saint-Germain-des-Prés versé dans l’échangisme. Sauf que non. Sous ce patronyme se cachent quatre jeunes musiciens élevés au bon air de Liverpool, bercés par la musique de la Cité du nord de l’Angleterre. Amis pervers, vous pouvez donc passer votre chemin.
Avec ce Hot Club là, on a plutôt droit à une démonstration de virtuoses peu soucieux de rentrer dans les cases. En effet, après un nom de groupe un peu frappé, c’est carrément la musique qui risque d’en perdre certains. Certes, c’est du rock. Mais avec l’absence d’effets sur les guitares, la construction générale des morceaux qui échappe à tout calibrage actuel, la rythmique parfois punk, parfois pop, il semblerait que tout soit fait pour dérouter. Bravo, c’est gagné.
En témoigne cet exceptionnel exercice de style de chœur a capella Bonded by Blood (A Song for two Brothers qui rappelle certains morceaux des illustres House Martins. Un titre qui n’a rien à voir avec Snitches get Stitches, rock arty proche de ce qu’aurait pu faire XTC. Un peu plus loin sur l’album, Who am I ? (What’s My Name ?) nous réoriente vers le punk. Mais attention, le Hot Club de Paris, c’est des mecs qui ne jouent pas avec des moufles. Alors évidemment, dans le genre abrasif, on repassera. Ici, c’est du punk d’orfèvre, ciselé jusqu’à la dernière note.
Bref, de la musique idéale pour ceux qui veulent se prendre la tête. Certains adorent ça.