CD/Disque
Hushpuppies "Silence is golden"
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   Les Hushpuppies s’apprêtent à reprendre la scène rock d’assaut avec Silence is Golden, album garage pop lumineux et incandescent…
On aurait presque envie de dire "Enfin le deuxième album...", tant The Trap avait cartonné, agitant une scène rock française en manque de repères. Pourtant, avec 25.000 exemplaires écoulés et une tournée à plomber une agence de voyages, le quintet n'a pas chômé pour forger sa réputation et gagner ses lauriers justement mérités. Une belle réussite sous un petit label et avec une promo timorée. La suite de The Trap était donc attendue au-delà des traditionnels désidérats du second album.
Silence is Golden s'ouvre sur le progressif A trip to Vienna, invitation au voyage avec son intro lente et délicate qui rappelle les premiers concerts du combo au House of Live, à Paris. A l'époque, le set s'ouvrait sur le célèbre "that's one small step for a man, but one giant leap for mankind" de Neil Armstrong, clin d'oeil prétentieux sur le potentiel du groupe, justifié depuis. Ici, c'est un "Welcome on board..." qui annonce la couleur, ouvrant l'album comme le décollage d'un boeing. Montée progressive, tension sous-jacente, A trip to Vienna explose vite dans une embardée digne des grandes heures de Supergrass. Le ton est donné: Silence is Golden a l'accent pop que n'avait pas son prédécesseur. Le lumineux Down, down, down ou l’excitant Hot Shot confirment cette orientation. Claviers omniprésents, choeurs soyeux, émotion en demi-teinte, refrains accrocheurs... la machine Hushpuppies construit un garage pop brillant et explosif. Les breaks et envolées soniques, véritable marque de fabrique du groupe, sont ici utilisés avec précision, à grands coups de guitare. Une guitare aiguisée qui sait se faire lancinante pour devenir plus agressive quand il le faut, comme sur le refrain bourrin de Fiction in the facts. Assurance et expérience obligent, le groupe a peaufiné ses arrangements dans les moindres détails, boostés par la production perfectionniste de Peter Demiel (réalisateur de The Trap). Pour Silence is Golden, les Hushpuppies ont abandonné leur fameux "principe de l'autoroute" pour tout composer à cinq. Le résultat est probant: des morceaux plus complexes et plus aboutis, aucun vide, aucune hésitation, les instruments occupent tout l’espace, s’imbriquent intelligemment et brassent des orientations multiples sans jamais dénoter (si on excuse la boite à rythme de Broken Matador). Sur Love bandit, suave et vintage, les Hushpuppies reviennent sur leur passé, ravivant le temps d'un morceau la flamme des Lykyds, embryon mod des Hushpuppies... Autre clin d'oeil aux sixties, le brillant Bad taste and Gold on the doors, parodie du star-system actuel avec son refrain prometteur ("I want my Kate Moss") et sa disco entêtante, s'évanouit dans un dérapage façon A day in the night.
Silence is Golden confirme les espérances placées dans les Hushpuppies pour défendre l’avant-garde du rock indé français… sur scène et dans les bacs.
Cédric Bouquet
Diamondtraxx, sortie le 5 novembre 2007
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