Interpol interview
"Nous ne sommes pas un groupe de singles mais un groupe d'albums"
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Interpol est de retour. Depuis le sublime premier album, Turn on the bright lights, en 2002, les quatre New-Yorkais ont franchi les étapes et amorcent un léger virage avec ce fantastique troisième LP. Moins sombre et plus lumineux, Our love to admire, sorti la semaine dernière, prouve la capacité d’Interpol à évoluer tranquillement sans perdre le sens talentueux de son écriture. Venu à Paris en juin dernier, Daniel Kessler, le guitariste d‘Interpol, nous a reçus pour parler du disque et du groupe.
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Interpol interview
: « Tout le monde a finalement adhéré aux claviers en composant. C’était le bon moment et la bonne manière d’explorer de nouveaux horizons. »
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Jelle Wagenaar |
Our love to admire est moins sombre que Antics, qu’est-ce qui a changé??
Je ne sais pas. La manière dont l’album est perçu m’importe peu. Cela dépend de la sensibilité de chacun. Certains trouvaient Antics optimiste à l’époque. Tu ne peux pas réduire un album entier à un seul état d’esprit. Tout s’est passé vite en studio. L’album s’ouvre avec Pioneer to the falls, qui est plutôt sombre, mais c’est une humeur arbitraire, ça ne peut pas définir l’ensemble du disque, il y a beaucoup plus de phases. Même si nous choisissons toujours avec beaucoup de soins nos morceaux d’ouvertures, de Untitled à Pioneer to the falls ou Next exit, ils ne représentent jamais l’intégralité du disque. Reste que je ne peux vraiment pas dire si ce dernier album est plus ou moins sombre que les autres. Les gens peuvent le percevoir d’une manière ou d’une autre. D’ailleurs je ne veux pas interférer, chacun doit se faire sa propre impression.
Vous avez utilisez plus de claviers que par le passé sur Our love to admire, c’est venu pendant l’enregistrement ?
Nous avons mis sur pied un système en réalité. Nous avions l’habitude d’utiliser les claviers pour les touches finales. Là, nous les avons séquencés en composant les morceaux. Cela nous a ouvert de nouvelles portes et de nouveaux sons. C’est arrivé de manière très naturelle, nous avons exploré d’autres choses, en pensant par exemple que telle ou telle mélodie pourrait être jouée par autre chose qu’une guitare. Tout le monde a finalement adhéré aux claviers en composant. C’était le bon moment et la bonne manière d’explorer de nouveaux horizons.
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Interpol interview
: « Pour moi, Interpol c’est nous quatre jouant les uns en face des autres dans une pièce pas trop grande. »
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Vous vous voyez plus comme un groupe de studio ou un groupe de scène?
Je ne le vois pas comme ça. Je vois Interpol comme un groupe qui écrit des chansons. Ce qui n’est pas évident. En studio les chansons évoluent. Sur scène, je nous vois comme des éléments jouant ensemble. En fait pour moi, Interpol c’est nous quatre jouant les uns en face des autres dans une pièce pas trop grande.
De nouveaux groupes rock explosent chaque semaine actuellement, alors que vous semblez avoir émergé graduellement. Comment considérez-vous votre carrière?
Ca me va complètement. Je la vois comme quelque chose de très pur. On ne se connaissait pas quand nous avons commencé. Ca c'est quelque chose que j'ai vraiment apprécié. C'est chouette quand des gens aux horizons différents se retrouvent autour d'un projet et qu'il y a alchimie. D'autant que cela s'est fait très naturellement. Pendant des années, personne ne s'est intéressé à nous, et puis ça a démarré. Nous avons tous avancé ensemble. C'est dur à dire, on se sent comme un clan. En même temps, nous consacrons tous notre temps libre à d'autres choses qu'Interpol. J'écoute énormément de musique par exemple. Pas forcément pour me mettre à la page, c'est juste que ça me stimule intellectuellement.
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Interpol interview
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« Nous ne sommes pas dans un groupe pour nous amuser. Nous cherchons à faire vibrer. »
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Ressentez-vous une pression médiatique? J'ai l'impression que vous n'avez pas explosé pour devenir célèbre en un claquement de doigts mais qu'au contraire vous avez pris votre temps pour arriver jusque-là.
Cela s'est fait peu à peu, c'est vrai. Nous avons commencé en 1998, et sorti notre premier album en 2002. Beaucoup de groupes passent bien plus vite les étapes. Au début, on ne se connaissait pas, c'est vrai. Former un groupe à New-York demande aussi beaucoup d'implication pendant des années. Les salles de répétitions sont chères, les loyers sont chers. Nous avons enregistré trois démos avant de réussir à sortir Turn on the bright lights. Mais, franchement, je ne changerais rien si c'était à refaire. J'étais convaincu que cela mènerait à quelque chose. En sortant un premier disque, si les choses vont trop vite, on peut peut-être se perdre vite. Nous n'avons jamais été intéressé par l'immédiateté des choses. Et de fait les gens ne sont jamais venus à nos concerts parce que nous étions un groupe d'un single mais parce que nous étions un groupe d'albums. On s'en rend compte en concert. Et puis nous ne sommes pas dans un groupe pour s'amuser. Nous cherchons à faire vibrer. C'est parce que nous ressentons des choses que nous écrivons des chansons.
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« Je déteste rentrer à l'hôtel après une heure du matin et entendre quelqu'un me saluer en disant "bonjour"! »
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Jelle Wagenaar |
Quel est votre meilleur souvenir sur scène?
Un des meilleurs c'était à Mexico, devant 12000 personnes. C'était vraiment quelque chose. J'ai toujours mon appareil photo avec moi sur scène et je me rappelle prendre des photos en me disant "il se passe vraiment quelque chose ici". Quelque chose de très pur. C'est rare, et ça ne dépend absolument pas de la taille de l'audience.
Et votre pire souvenir?
Ce que je déteste c'est quand je rentre à l'hôtel après une heure du matin et que quelqu'un me salue en disant "bonjour"!
Last album released: Our love to admire, Capitol, july 2007 
Propos recueillis par Julien Cottineau
Aller plus loin (liens) :
Site officiel
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