Izabo a posé ses valises en France depuis début juillet. Impossible donc de passer à côté du combo rock israëlien le plus en vue du moment. Révélé en Europe récemment (Eurosonic, Transmusicales 2006), le quatuor défend fièrement son premier opus Fun Makers. Une tournée dans l’Hexagone, une résidence à la Flèche d’Or et un plateau à Paris Plage devraient suffire à attiser la curiosité du public face à ce phénomène venu de Tel-Aviv et porté par une presse unanime. Retour sur leur prestation de lundi soir dernier, 23 juillet à la Flèche d'Or.
Non, tous les Parisiens n’ont pas quitté la capitale en cette fin juillet hivernale. La Flèche d’Or, bastion de la scène indé, rassemble comme à son habitude, les passionnés de rock en quête de découvertes.
Ce soir, fans et curieux se serrent les coudes pour assister au set d’Izabo. Les premières notes confirment le bien fondé des rumeurs qui entourent le groupe. Le combo délivre un répertoire explosif mélangeant rock psyché, punk, disco et mélodies arabisantes. Une formule inattendue, déroutante et captivante. Captivante comme le chant haut perché de Ran Shem-Tov, qui ne lésine ni sur le delay, ni sur la reverb, pour donner encore du relief aux chansons. La basse funky et lourde enrobe tout ça, appuyée par une batterie dynamitée. La recette est efficace et incontestable. On a tout lu et tout entendu sur Izabo et sur leurs influences (de Talking Heads à Led Zeppelin); leur son live répond à toutes ces tentatives d’affiliation. Le son et le jeu d’Izabo est unique et reconnaissable parmi mille. Ce soir, Izabo brise tous ces clichés et affirme sa singularité.
Le groupe sait puiser au fond de chaque riff, de chaque plan, à la base de chaque mélodie, le détail qui donne cette couleur si particulière à sa musique. Surprendre à tout prix, oser des mélanges audacieux. A voir Shiri Hodan, pianotant sur son clavier avec le style et l’aplomb d’une secrétaire comptable ménopausée, on comprend vite que rien ne pourra perturber l‘équilibre des compositions et l’assurance du quatuor. Ballades sur des airs yiddish, attaques de guitares, distorsions à la volée et basse tonitruante, Izabo se révèle une véritable machine de scène, telle l’armada de John Spencer sous influences orientales.
Si Fun Makers a pu laisser certains septiques, sa lecture live et la prestation enflammée de ce soir devraient convaincre de la crédibilité du quatuor et des possibilités de ses arrangements atypiques. Le groupe est encore en France pour quelques semaines. Une aubaine pour ceux qui ne le connaissent pas encore.