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Jack The Ripper |
Jack The Ripper "Eventrement vôtre"
Enigmatiques et romantiques, sombres et denses, les Jack The Ripper sont un groupe aussi intrigant sur album que flamboyant sur scène. La formation parisienne était sur la scène du festival en ouverture de la seconde journée.
Jack the Ripper, c’est toute une histoire.
Tout commence au détour d’un premier album, The Book of Lies, sortie en 1999. On est tout d’abord attiré par la voix inimitable d’Arnaud, puis on s’attarde sur une ligne de basse, quelques notes de piano, le retentissement entêtant de la trompette, le rythme de la batterie …
Jack the Ripper ne correspond à aucun genre, mais plutôt à une multitude. On traverse des campements tziganes, on se retrouve en haut d’un grand mât, on atterrit dans un bar allemand douteux ou sous le lit d’un dangereux psychopathe.
On passe de riffs rock à un rythme tango en faisant un détour par une fausse balade, a t-on à faire à une autre personne lorsque l’on entend la voix rauque et maladive d’un possédé, alors que l’on vient de savourer une voie suave et mélodique ? On touche à tout, de nombreux mondes sont explorés. On peut écouter dix fois de suite le même titre et pourtant ne jamais se retrouver au même endroit.
Leurs trois albums pourraient correspondre à la bande originale d'un rêve. Tous les états d'esprit sont ressentis, toutes les humeurs.. On peut croire écouter un rock innocent, mais nous sommes rapidement détrompés et remis sur le droit chemin : La douleur et la souffrance rôdent et n’attendent qu’un moment d’inattention pour nous assaillir . Jack the Ripper s'écoute cependant en état d'euphorie, de dépression, d'hystérie, de désespoir...
La découverte n’est complète que lorsque les Jack se sont dévoilés en live. Ils forment une unicité, ils sont neuf et semblent ne faire qu’un. Leur instruments s’accordent et jamais une fausse note ne s’en échappe.
On pense, au premier abord, que c'est Arnaud, le chanteur, qui domine au niveau de la présence scénique. On se rend vite compte qu'il n'en est rien et que chaque musicien (ils sont huit) dégage quelque chose de personnel, de différent, de magique.
Mais Arnaud impressionne, il a une présence démesurée. Il effraie, il fait frissonner, il torture. Il nous fait partager son mal sur I Was Born to Die of Cancer en nous jetant ses cigarettes, sur The Assassin, il devient menaçant en plongeant sur une victime au hasard dans le public.
Au fil des concerts, on retrouve la même setlist, les même musiciens, les mêmes effets scéniques... Et pourtant, non. Aucun des concerts ne se ressemble. C'était comme si tout avait changé, même les émotions sont différentes
Escalader leur Olympe devient alors possible, sans risquer leur colère. On découvre leur monde, leur évolution que l’on suit nous entraîne bon gré mal gré au pays des merveilles.
Une simplicité étonnante, un détachement démesuré par rapport à la qualité de leur musique se dégage de leur attitude hors scène, comme s’ils ne se rendaient pas compte de l’impact de leur musique.
Il faut vivre Jack the Ripper.
Discographie:
Ladies First, Village Vert / Wagram, 2005
I'm Coming, Village Vert / Wagram, 2003
The Book of Lies, Village Vert / Wagram, 2001.

Polly B.
En savoir plus :
Site officiel
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