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| Reportage - |
Jamie Cullum au Zenith de Paris |
Jamie Cullum au Zenith de Paris "L'audace virtuose"
Coup de coeur de la semaine pour le concert de Jamie Cullum, ce 2 novembre dernier au Zénith de Paris! Des doigts en or, une voix de velours, ce petit bout d'homme venu de Londres est un véritable virtuose...
La première partie assurée par le duo anglais Nizlopi nous a mis l'eau à la bouche. Sympathique découverte de deux artistes prometteurs. D'un côté, un homme multifonctions joue de la contrebasse servant aussi de support pour donner le rythme, s'adonne au beatbox en imitant les scratchs avec sa bouche. De l'autre côté, un chanteur très british armé d'une guitare et d'un carnet qu'il s'amuse à consulter pour s'adresser au public en Français. Ce mélange jazzy-rap modernisé avec parfois des cadences ragga est parfait pour chauffer le public impatient de voir Jamie Cullum.
Lequel arrive en fin sur scène. D'emblée, il annonce la couleur de son concert; dynamique, chaleureux et très positif.
Deux heures de pure émotion. Jamie est inépuisable, il saute partout, impressionne avec ses improvisations originales. Accompagné d'une basse, d'une batterie, d'un saxo, d'une trompette, de percussions et de musiciens brillants jouant sur un fond de vidéos délirantes synchronisées avec les morceaux, notre Londonien est capable de passer d'un boogie entraînant Twentysomething à une ballade amoureuse jazz (What a difference a day made) sans temps mort!
Inspiré des plus grands du jazz (Ella Fitzgerald, Tony Bennett, Franck Sinatra..) mais aussi du rock (Jimmy Hendrix..) ce jeune génie de 27 ans à peine, possède l'allure d'un punk moderne. Cheveux en bataille, mèche rebelle couvrant la moitié de son visage, jean déchiré, veste cintrée et baskets, c'est sûr qu'il est loin des critères du jazz select. Mais l'artiste de Notting Hill se fiche des règles. Son naturel et sa désinvolture prouvent que le jazz, la pop et le rock peuvent s'allier sans appauvrir la qualité de ses chansons. Soucieux de satisfaire son public, il demeure avant tout un grand professionnel qui étudie son spectacle au millimètre.
Une voix légèrement cassée de crooner, à l'aise avec tous les instruments, c'est avec énergie et générosité qu'il partage sa joie d'être sur scène devant un public ravi de participer et de l'entendre interpréter entre autresTa douleur de Camille , clin d'oeil vraiment touchant. Jamie Cullum affiche même ses idées politiques, nous bluffant avec une des compos dans laquelle il chante If I had a brain... dédiée à George Bush.
Surfant entre les styles, Jamie expérimente sans cesse de nouvelles adaptations de ses morceaux. Audacieux, il ose déformer les sons, détourner les instruments de leur fonction, jouer avec le micro et ralentir les rythmes quant on s'y attend le moins, pour un spectacle saisissant et unique! Avant de terminer dans l'euphorie du carnaval brésilien, se déchaînant sur les percussions et sautant du haut de son piano... Le public est enflammé! Par son sens du show et sa spontanéité, Jamie Cullum a conquis le public parisien. Il a promis de revenir dans un an. On sera au rendez-vous.
Crédits photos: DR (photo 1), Guy de Lacroix-Herpin (photo 2, Vieilles Charrues 2005)

Caroline Landi
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