Jean Luc Fillon propose des arrangements fins et audacieux de l’oeuvre du « Duke » et donne un nouveau souffle à des thèmes qui ont marqué l’histoire du jazz.
Jean Luc Fillon a la curiosité du passionné et la minutie du bricoleur. Deux qualités que le joueur de cor anglais, un instrument peu connu (il s’agit d’un hautbois ténor en fa) met au service d’une redécouverte complice des thèmes d’Ellington. L’arrangement est un art difficile. Comment apporter du neuf sans dénaturer l’ « esprit » de la composition ?
C’est ici à cinq que les musiciens répondent à cette énigme. Tony Rabeson à la batterie, Jean Jacques Avenel à la contrebasse, Jao Paulo au piano portent avec entrain et de manière appuyée les improvisations mesurées du cor anglais de Jean Luc Fillon et du trombone de Glenn Ferris. On sera charmé par le groove élancé de The Mooche et par l’interlude nostalgique de I Got It Bad. Mais c’est aussi de voyage dont il est question ici. Avec notamment la reprise d’un Caravan aux formes mouvantes ou encore la course-poursuite évoquée par Wig Wise. Beaucoup de bonnes saveurs à se mettre sous la dent. L’exercice aurait pu paraître complexe. Jean Luc Fillon propose, lui, une réponse sobre et personnelle. Et d’une aisance troublante.