CD/Disque
Jethro Tull "Live at Montreux 2003"
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   Loin de ses élevages de saumon, Ian Anderson demeure l’un des piliers du rock des seventies, personnage exubérant, musique foisonnante, Jethro Tull est bel et bien vivant. A l'image de ce concert délivré désormais en CD ou DVD.
Le festival de jazz de Montreux est pratiquement l’unique endroit où il est encore possible de dégoter l’introuvable. Pour preuve, l’édition 2007 s’est accaparée Foreigner, le leader de Supertramp Roger Hodgson ou encore la formule Heaven & Hell plus connue sous le nom de Black Sabbath. En taillant une brèche dans le temps, Claude Nobs réussi à assouvir nos désirs musicaux les plus insensés, du moins pour le frontalier en mal de bon vieux rock.
Pour ceux qui croient encore que Jethro Tull appartient aux seventies, la preuve du contraire enfin par l’image. Capté en 2003 lors de la 37e édition du festival helvétique, ce live donne un coup de projecteur sur un groupe phare du rock progressif britannique. Fondé en 1967, le Tull a produit plus d‘une vingtaine d’albums studios, une poignée d’enregistrements live et a même vu passer Tony Iommy (Black Sabbath) dans ses rangs. Bref, en 2003, l’indécrottable tandem Ian Anderson/Martin Barre poursuit sa quête du revival à travers le monde. Dernier disque studio en date (il l’est toujours d’ailleurs), J-Tull dot com, sorti en 1999. Hall Stravinsky oblige, cette performance profite du meilleur matos qui soit. Ceux qui ont eu l’occasion de fouler le parquet rutilant de cette salle approuveront. Jauge de 4000 spectateurs, accoustique parfaite et archivage systématique du son et de l’image. Filmés en haute définition depuis 1991, ces concerts sortent au format DTS et 16/9.
Idéal pour le Tull qui profite du format pour l’exercice du double live, chose devenue rarissime dans le monde du rock. L’intégralité du show est ici présentée. Les 19 titres viennent couvrir pratiquement quarante années de carrière. Deux sets. Le premier électroacoustique, avec une virée blues, arabisante et néo-classique où Bourré et Pavane se logent avec une certaine classe. Côté électrique, le second set va sortir le grand jeu avec quelques morceaux légendaires dont Locomotive breath, Aqualung et Living in the past. Deux heures plus loin, on en ressort forcément vivifié. A bientôt 60 ans Ian Anderson reste en très grande forme, sa flûte traversière magnifiquement lustrée et les guitares de Martin Barre toujours aussi propres et aériennes. On préférera quand même le Bursting out édité en 1978. Mais, force de jouer aux vieux cons, on n’est bien obligé de reconnaître que le Tull dans sa version actuelle sonne merveilleusement bien. Le backing band est impeccable et les versions 2003 de tout ce qui vient d’être énuméré précédemment touchent à la perfection.
Dans la continuité d’un Yes enregistré la même année et au même endroit ce live à Montreux démontre l’étendu de l’éclectisme du festival. Nobs est un touche à tout qui a pratiquement réussi à tout faire passer au bord de son lac.
Yannick Perrin
Eagle Vision/Naïve, sortie le 28 août 2007.
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- Site officiel
- Eagle Vision |
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