CD/Disque
Jhelisa "A primitive guide to being there"
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   Jazz, nu-soul, acid-jazz influences trip-hop, gospel habitent l’album de Jhelisa et lui donnent une belle cohérence multiple.
Cet album est miraculé. Jhelisa s’était installée à New Orleans pour enregistrer son troisième album Discovery of Amazing, tandis que l’ouragan Katrina est survenu, et a tout emporté sur son passage. Plus de maison, de studio et plusieurs morceaux de l’album en moins. Après la catastrophe, pour reconstruire, il fallait une nouvelle ville, Atlanta, et un nouveau nom d’album, en forme de mode d’emploi A Primitive Guide to Being there.
Jhelisa, née dans le Mississipi, est issue d’une famille de musicien : son père, chanteur de gospel, joue de l’orgue à la maison, sa cousine, Carleen Anderson fait partie des pionnières de l’acid jazz. Ainsi, tout naturellement, elle promène sa voix sur des rythmes variés et sort deux albums, sérieusement remarqués par la critique: les morceaux Blues Sex and Intelligence ou Friendly Pressure lui valent une vraie reconnaissance dans le milieu. Rapidement, les propositions fusent : Jhelisa travaille Bjork, Brian Ferry, Massive Attack, Data Pine ou Courtney Pine, et assure les premières parties de James Brown, The Roots, Roy Ayersou de Sting. Des artistes aux univers très différents, qui illustrent bien l’extrême fluidité de la dame.
Dans A Primitive Guide to Being there, on retrouve des influences tous azimuts. D’abord, un concentré de l’histoire de la black music (jazz, soul, acid-jazz, hip-hop). Ensuite, un creuset de sonorités entendues aux quatre coins de la planète : tablas indiens, rythmes sud-africains, brésiliens. L’identité afro-américaine se situe au cœur de A primitive guide to being there, et Jhelisa semble la décliner à tous les temps, sans rien en exclure. Mais dans ses textes, Jhelisa prône tout simplement le fait d’exister, avec humanité et simplicité, l’œil ouvert sur le monde.
Eglantine Chabasseur
Inracom, le 24 mai 2006
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