CD/Disque
John Cale "Words For The Dying"
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   Considéré comme un précurseur de la musique punk et new-wave, John Cale possède un parcours musical époustouflant et intrigant. La réédition de Words For the Dying illustre le talent de l’un de ces pères fondateur du Velvet Underground.
Né en 1942, le Gallois multi-instrumentiste John Cale est le véritable témoin d’une époque musicale novatrice (60’-70’). C’est assurément sa rencontre avec Lou Reed qui donna à sa carrière un tournant décisif. Avec ce dernier, ils formèrent le Velvet Underground en 1965. Malgré une collaboration de trois ans seulement, Cale apporta au Velvet de nombreuses contributions autres que le rock. De par sa formation classique au conservatoire Eastman à Tanglewood (Massachusetts) (violon, piano et guitare), il entraîna le groupe dans de diverses expérimentations musicales. La trame de fond du groupe pris alors cette consistance et ce détail qu’on lui connaît (c’est à lui que l’on doit la partie piano sur « I’m Waiting For the Man »). Il y créa l’harmonie. Mais des différences de goût et très certainement une forte rivalité entre les deux musiciens les séparèrent en 1968.
Cale entama ainsi sa carrière solo en 1970, avec l’album Vintage Violence. 1973 vit la sortie de Paris 1919, considéré comme un des disques emblématiques de la décennie 1970. Album aux nombreuses références et musicalement très élaboré.
Après une quinzaine de créations, Cale sort en 1989 Words For The Dying, réédité donc ces jours-ci, album conceptuel ambitieux et déconcertant, constitué en grande partie de la « Falklands Suite ». Cette fresque quasi classique contemporain, en six mouvements, s'attache au conflit des Malouines en 1982 (dernière grande bataille aéronavale, qui a meurtrièrement opposé l'Angleterre et l'Argentine, ndlr) sur des poèmes de Dylan Thomas. Avec la collaboration de l'orchestre symphonique de musique populaire de Gosteleradio, une formation russe, pour l'interprétation et les arrangements. Words For the Fying ouvre ainsi sur une composition très « épique », digne d’un Péplum : chœur de cuivres sur fond de roulement de tambours. Globalement, les structures musicales évoluent au rythme d’une créativité recherchant une liberté de mouvement. Les violons et violoncelles ou bien le piano peuvent servir de point de départ. Les cuivres injectent parfois une amplitude et une profondeur orchestrale. Le chant de Cale vient de loin, comme une sorte d’appel. Le timbre de sa voix, grave par moment, s’intensifie au gré des montées des chants féminins du choeur de la Llandaff Cathedral, formation accompagnant également Cale sur l'album. Chants perçants et sombres sur « Lie Still, Sleep Becalmed ». Le ton est à la fresque musicale, définitivement. Clôturée par les deux instrumentaux à part du binôme "Songs Without Words", et le morceau "The Soul of Carmen Miranda".
Ayant inspiré des artistes comme Magazine ou Joy Division, ce musicien, mais aussi producteur d’artistes comme Squeeze, Patti Smith ou The Stooges, force le respect. Agé de 64 ans, Cale mène toujours aussi bien sa barque.
Nicolas Maquestiaux
John Cale, « Words For The Dying », AllSaints Records/Naïve, Sortie de la réédition le 7 février 2006.
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