| Inrocks 2007 - |
Justice et Klaxons au Zénith, 9/11 |
Justice et Klaxons au Zénith, 9/11 "Electro night"
Explosions électro, rock à toute berzingue et basses saturées. La deuxième soirée des Inrocks a vu défiler Midnight Juggernauts, Mstrkrft et surtout, les groupes phares de la génération myspace : Klaxons et Justice.
Les lumières baissent. Noir complet, si ce n’est les écrans de portable que pratiquement un tiers des spectateurs, dans la fosse, tendent devant eux. Un son électro basse fréquence, presque bestial, de plus en plus intense, fait vibrer le sol de la scène aux tribunes, jusque dans les squelettes. Le public commence à hurler. En face de lui, une croix s’illumine. Justice commence son show.
Retour en arrière. 3h30 plus tôt, il fait encore jour parc de la Villette. Des bandes d’adolescents sortent du métro en direction du Zénith. Mèches de cheveux gominées, jeans slims, blousons noirs –le look est travaillé pour l’occasion. On croise aussi de jeunes british (venus en Eurostar pour l’occasion ?) et quelques quadras (venus accompagner leurs fans de filles, 13 ans à tout casser, qui squattent les tribunes ?).
Il faut dire que ce soir, ce sont quatre groupes emblématiques de la génération myspace qui vont se succéder. A commencer par Midnight Juggernauts et Mstrkrft, mise en bouche entre 19 heures et 21 heures avant que les deux têtes d’affiche montent à leur tour sur scène.
Klaxons
Le trio britannique, dont la réputation s’est répandue sur le net comme une traînée de poudre, n’est pas du genre à ménager le suspens. A peine entrés sur scène, ils envoient à la tête du public leur énergie folle, gonflée à la culture rave de la fin des eighties. Les titres s’enchaînent, à chaque fois, des mélodies accrocheuses, même pas abîmées par la furies des guitares. On se dit : « ça va retomber, ils ont commencé par le meilleur ».
Eh bien non, ça ne retombe pas, c’est même de plus en plus puissant. Le chanteur pousse la voix dans les aigus sans accros, le groupe pioche entre autres chez les Chemicals Brothers, surfe sur la vague post-punk en l’arrosant de hardcore bien dosé et de coups de klaxons –évidemment. Ces p’tits gars là seraient-ils doués ? Oui, plutôt, quand on pense qu’ils ont seulement un seul album (Myths of the near future) et deux ans de carrière derrière eux. On regrette presque de les voir quitter la scène.
Justice
Enfin. Leur dernier passage à Paris il y a quelques mois avait frustré tous ceux qui n’avaient pas réussi à mettre un pied à La Cigale, littéralement prise d’assaut par les fans. Ce soir, tout le monde a pu rentrer. L’atmosphère s’électrise, des regards s’échangent, la température monte. La croix au milieu de la scène s’illumine, suivie par un mur futuriste de diodes de toutes les couleurs. Le mix commence. On aperçoit à peine le duo derrière sa table de mixage entourée d’une vingtaine d’amplis qui envoient un son d’une puissance à couper le souffle. Bienvenue dans l’univers fascinant de Justice, mystérieux à souhait, un poil christique, hyper fédérateur avant tout.
Pendant une heure, ils vont enchaîner les titres, en remixent certains, comme leur tube aux accents pop-funk D.A.N.C.E.. Ils en interprètent également de nouveaux, surprenants, au son plus techno 90’s. Entre chaque morceau, le temps se suspend quelques secondes, le groupe laisse vibrer les graves saturés. Jouissif. Boucles groove ou acides, embardées grandioses ou funky, la programmation est parfaitement léchée et fine, malgré l’énergie survoltée du duo dans laquelle on se laisse embarquer. Les bras se lèvent dès que le public reconnaît les notes du titre suivant, jusqu’à l’apogée, leur tube Never be alone. Imaginez : sept milles personnes, poings levés, hurlant :
« We are, your friend, you’ll never alone again, come on ! Come on ! »
Plus fort que myspace ou Facebook, sur le coup, on a vraiment l’impression d’avoir sept mille amis, et on a tous envie de les embrasser. Quelques titres encore, puis, sur le dernier, un compte à rebours : « cinq, quatre, trois, deux, un ». Noir complet à nouveau. La magie Justice repart comme elle est venue. Avec la même force. Ça râle un peu : une heure, c’est court. On serait bien resté avec eux toute la nuit.
Lire la revue de concert des Klaxons au Grand Mix de Tourcoing.
Lire ici l’interview de Justice par musiQualité.net.
Lire ici la chronique de l’album de Justice.
Crédit photo Klaxons : Robert Gil.

Aena Léo
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