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JVC Jazz Festival "Sarah Morrow and the American All Stars au New Morning"
Non. Ce n’était pas un documentaire sur le quotidien d’un orchestre dixieland des années 20. Il ne s’agissait pas non plus d’une messe à l’ambiance surchauffée dans une église au fin fond de l’Ohio. C’était tout simplement Sarah Morrow en concert vendredi 21 au New Morning dans le cadre du JVC Jazz Festival.
Salle mythique du jazz parisien, le New Morning accueillait en première partie le Quartet de Patrick Artero. Accompagnés de Mourad Benhamou (dm), Laurent Courthaliac (p) et Marc Allamane (cb), le trompettiste rendait hommage à Bix Beiderbecke, grand cornettiste décédé prématurément en 1931 alors qu’il n’avait que 28 ans. Des mélodies posées et précises portées par la virtuosité de Mourad Benhamou, magicien du rythme derrière les baguettes. Le concert suivait la sortie de « Bix Or Not To Bix », le premier album de Patrick Atero. A découvrir.
Le public, conquis d’avance, n’attendait qu’elle. Le trombone de Sarah Morrow a réveillé les corps en quelques mesures. The American All Stars, c’est avant tout une bande d’amis résidant à Paris, pour la plupart expatriés des USA dans les années 60. Entre les morceaux, blagues et autres fous rires sont venus ponctuer une musique qui oscillait entre joie festive et nostalgie d’une terre natale abandonnée. Le concert s’est déroulé dans la droite ligne de l’album. Plein d’énergie et de chaleur. La rythmique assurée par John Bestch et Peter Giron ressemblait à celle d’une locomotive que rien ne pourrait arrêter. Le sourire de Sarah Morrow en chef d’orchestre était aussi lumineux que le jeu de Rhoda Scott derrière l’orgue Hammond qui, avant de jouer dans l’orchestre de Count Basie, endiablait chaque dimanche matin les paroisses du New Jersey. Impossible de ne pas taper des mains d’autant plus que les questions-réponses avec le public furent nombreux. Malgré son âge, Hal Singer, légende du saxophone ténor, n’a pas perdu de sa verve. Des chorus bien callés, l’expérience d’une vie de musicien dans les doigts. Un talent respectable.
En bonus, Sarah Morrow s’est illustrée de mains de maître sur une reprise de Work Song (N.Adderley) pour un chorus en duo avec le contrebassiste. Intervalles ouverts, phrasé emporté par un groove épais, usage modéré et habile de la sourdine ont ravi le public. Standing ovation pour Sarah qui a conclu le set en invitant Patrick Artero à partager une improvisation funky. De quoi repartir d’un pas cadencé en balançant joyeusement les épaules ! Get funky !

Vincent Fertey
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