CD/Disque
Kasabian "Empire"
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  Un an et demi après la sortie de son emballant album éponyme, Kasabian revient avec un nouvel opus, Empire. Le groupe de Leicester a livré un album dense, mais peu original.
Révélation parmi les révélations de l’année 2004, Kasabian nous est revenu avec un deuxième album, dénommé, non sans prétention, Empire . Avec cette sortie et à l’instar de ses glorieux aînés, Echo & Bunnymen ou Oasis, le groupe cultive un goût particulier de la modestie puisqu’il n’ambitionne rien de moins que de « redonner des couilles au rock anglais et devenir le meilleur groupe du monde ». Mais contrairement à leurs pairs, alors au faîte de leur gloire et à qui l’on pouvait permettre quelques facéties, les bouchers ("kasabian" en arménien) ont encore de la viande sur l’étal. Leur livraison Empire est un peu lourde et nécessite que l’on s’y reprenne à plusieurs reprises pour en saisir les subtilités. Rien à voir avec leur premier assiette, Kasabian, plus légère et plus variée. A leurs décharges, les quatre garçons de Leicester devaient relever un important défi, celui de faire un album de A à Z, contrairement au précédent éponyme qui tenait plus de la compilation des premiers singles (Club foot, Cut off, LSF, Processed beats…). La tâche était difficile, surtout que le public les attendait et il ne fallait pas trop traîner puisque la scène britannique ne cesse de lancer de nouveaux groupes pleins de promesses. La nature, comme les fans de rock, a en effet horreur du vide. Les membres de Kasabian se sont donc dépêchés, ce qui peut expliquer qu’ils ne se soient pas étendus sur le sujet en livrant un opus de moins de quarante minutes. Passé le goût de trop peu et la lourdeur de la matière, on bute aussi rapidement sur l’impression de déjà entendu. Primal Scream, Happy Mondays, Stone Roses sonnent comme des évidences. Mais aussi Chemical Brothers sur le titre Apnoea. Mais rassurez-vous, tout n’est pas noir. Les titres sont parfaitement audibles. Last trip, Sun rise light flies , Apnoea et Stuntman méritent qu’on s’y attarde. Plus que le premier single, Empire, aux sonorités de fanfare. De tout cela, il en ressort que Kasabian en a dans la bidoche. Ils le prouvent régulièrement sur scène. Que ce soit à Rock en Seine , fin août, ou à La Maroquinerie, le 8 septembre dernier, le groupe sait s’exprimer en live. Et sait même magnifier Empire. Dommage qu’il se soit exempté de rappel pour le dernier concert.
Stéphane Le Page
SonyBMG, sortie septembre 2006.
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