Après avoir taquiné la croche au côté de Kenny Garrett sur Triology, le contrebassiste japonais Kiyoshi Kitagawa présente les compositions de son cru. Sous le signe de la fraîcheur et de la vivacité.
Sauter dans un bus en marche. Attraper un train au bout du quai. Ou se laisser emporter par le swing de ce trio à l’assurance étonnante. C’est la comparaison que l’on peut oser à l’écoute de Prayer. Brian Blade à la batterie, Kenny Baron au piano et Kyoshi Kitagawa à la contrebasse pénètrent un jazz sans tergiversations, à la recherche permanente d’une pulsation magique. Le tout sonne juste dans une complicité qui cimente les improvisations des uns et des autres.
En mélangeant des standards comme Evidence de T. Monk ou Oleo de Sony Rollins et des compositions plus modernes comme le groovy Catch And Release ou l’énigmatique Etude In Three, les palettes sonores suivent un spectre large. Fragiles dans leurs évocations et solides dans leurs interprétations, les mélodies sont autant d’oxymores musicaux. Surprenante cette manière avec laquelle les musiciens changent de cap sans prévenir, par des nuances qui s’apparentent à des rafales de vent, comme sur Prayer par exemple. On rentre dans leur univers avec une facilité séduisante. Certainement la marque du talent.