Le groupe Kohann ressort le breton du placard. Mais pas question ici d'héritage des celtes et autres bretonneries de fin de catalogue. Si la langue employée est traditionnelle, les paroles et la musique sont définitivement hors norme.
Kohann explore les terrains musicaux déjà défrichés par Björk, Massive Attack et Portishead de l'autre côté de la Manche. Du trip-hop donc qui vient se mélanger aux guitares psychédéliques façon Hendrix ou Pink Floyd.
Les textes de Don ("profond"), traduits du bas-vannetais sur le livret, sont chargés de légendes du troisième millénaire, sensibles et fragiles. Morad du, par exemple, est une ballade langoureuse mais rythmées en forme de constat d'impuissance devant les marées noires : "l'homme est faible et sans pouvoir…dérisoire".
Sur scène, la chanteuse Michèle Gaurin pétille comme une elfe dans une brume digitale. Les sonorités de la langue bretonne se fondent parfaitement avec les harmonies électroniques, contribuant à affirmer l'univers original de Kohann déjà ébauché avec MilBed (Mille Mondes), leur premier album.