La Cigale "Moriarty en concert"
Pour sa première grosse date parisienne, Moriarty raffle la mise avec un concert exeptionnel devant un public subjugué...
Plus qu'un mythe, c'est déjà une légende qui entoure Moriarty. Son premier album, "Gee whiz but this is a lonesome town", a profité d'un buzz et d'une presse incroyable. Pas étonnant donc que la Cigale soit pleine depuis bien longtemps pour ce premier gros concert parisien. Tout le monde veut savoir ce qui se cache derrière cette formation énigmatique et ses chansons ennivrantes. Après la première partie de l'excentrique Lenni Jabour (I Love Rock'n'Roll au piano version cabaret), Moriarty fait une entrée théâtrale.
Décor épuré, lumières blafardes, fauteuil en fond de scène, le combo crée l'ambiance intimiste adapté à sa folk torturée et onirique. Portées par la somptueuse voix de Rosemary et des musiciens consciencieux, les mélodies prennent vie sur scène dans une ambiance de cabaret déjanté (Lovelinesse, Private Lily). Le somptueux Jimmy, joué en rang serré autour d'un seul micro, fait chavirer le public... Emotion garantie, communion parfaite, le public plonge dans l'univers imaginaire de Moriarty, ses mélodies poignantes, ses voix envoûtantes, l'affaire est dans le sac. Tout est permis: reprise d'Enjoy The Silence de Depeche Mode au xylophone, concours de roucoulements de pigeons...
Il règne dans la salle une intensité exceptionnelle, aussi émouvante que jouissive... Les membres du groupe ont du mal à dissimuler leur émotion lors des derniers rappels et de l'ovation finale sur The Night is long.
Une étoile de plus dans le ciel étoilé de Moriarty. On aimerait déjà être à l'Olympia.
Photos: Nicolas Laroudie

Cédric Bouquet
|
|
|