Petite merveille de plénitude lumineuse et délicieusement vaporeuse, le second album de Landscape fait jaillir une sérénité précieuse dans un paysage pop-rock souvent trop formaté. Avec l'aide de ses amis, de Syd Matters à Carp, Guillaume de Chirac pose une nouvelle et très jolie pierre à son édifice.
La scène rock parisienne actuelle trépigne avec ses baby rockeurs. Des phénomènes dont on reparlera du talent d'ici quelques années voire quelques mois (à moins même qu'on ne les ait oubliés d'ici-là). On pourrait parfois même croire qu'il n'y plus que cette scène à nourrir le vivier pop-rock. Loin du marketing tape-à-l'oeil et de la hype, d'autres formations accomplissent plus discrètement un parcours musical et artistique bien plus riche et intéressant. Des artistes nourris de musique(s) et pas de critiques musicales. Des musiciens moins formatés, plus concrets, dont le talent ne s'étalonne pas aux seules coupures de presse ni aux seuls passages radio ou télé. Et qui ne craignent pas de se débrouiller seuls pour poursuivre leur route.
Après un premier album autoproduit, le prometteur et très post-rock One, Landscape a franchi un cap en montant son propre label, Square Dogs, avec le groupe Simple As Pop, en 2005. Vénérant l'excellente structure canadienne Constellation, responsable des Godspeed You! Black Emperor entre autres, les deux formations ont mis en commun leurs ressources afin d'y trouver les moyens et la liberté nécessaires à leur épanouissement. Porté par Guillaume de Chirac, Landscape a ainsi réuni un fort beau plateau pour ce second opus. Le bien nommé With a little help from my friends s'est ainsi entouré de Syd Matters, d'Arman Meliès , et de quelques membres de Carp et d'Overhead. Perfectionniste, Guillaume de Chirac a aussi fait appel à des cordes et des cuivres pour étayer le spectre musical sans passer par la case sample. Au total, c'est pas loin d'une quinzaine de musiciens qui ont collaboré à ce disque. Et quel disque! Coulé dans une pop vaporeuse, mélancolique et lumineuse, cet album caresse l'oreille d'accents parfois post-rock, parfois folk, avec une sobre délicatesse. On pense à Sigur Ros , à Radiohead , à Tindersticks, parfois même à du Jeff Buckley, sans qu'aucune influence ne soit écrasante. Le panel des voix, la richesse des arrangements, la finesse de l'écriture forment un sublime ensemble. Enveloppé dans un cocon aussi fragile que chaud, on s'y replonge à chaque nouvelle écoute avec un peu plus de bonheur. Un disque rare.
En concert en formation complète le vendredi 6 avril au Café de la Danse à Paris