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Larry Heard au Triptyque |
Larry Heard au Triptyque "Paris-Chicago express"
Méfiance, méfiance, s’était-on dit intérieurement ! Quand un grand nom de l’électro franchit l’atlantique pour venir jouer à Paris, l’expérience est souvent décevante. Combien de fois a-t-on vu des dj’s se transformer en divas pour se contenter d’enchaîner les derniers tubes du moment ? Et bien pas cette fois…
"Larry comment ? Larry Bird ? Oui, tu sais, c’est un dj américain. Il vient de Chicago, il joue de la house je crois." Foule du vendredi soir et queue de 30 minutes ce 28 octobre devant le Triptyque. Beaucoup d’étudiants ou de touristes de passage au milieu des habitués de la salle parisienne. En patientant sagement, on surprend des murmures. Certains ont bien entendu dire que cette soirée n'était pas tout à fait comme les autres. Mais sans vraiment savoir pourquoi.
Les explications, il faut descendre à l’intérieur pour les avoir. Chaleur étouffante. Difficile d’avancer. La condensation fait déjà pleuvoir des petites gouttelettes d’eau du plafond. Il est 2h00 et Larry Heard vient tout juste de commencer son set. House atmosphérique ambiance 90’s dans les enceintes. Derrière les platines, des photos de pochettes de disques du mythique label "trax records" se découpent sur la silhouette de Mr Fingers, sourire franc et casquette vissée sur la tête. Pour la première fois, l’un des pères spirituels de la deep-house, à l’origine des classiques "Can you feel it ?" et "Mysteries of love" (1986 tout de même !) est à Paris.
Sur la piste, les trainspotteurs parisiens se sont donc déplacés en masse. Dj’s, disquaires : le sourire aux lèvres, devant la scène, on se déhanche sur un mix carré et efficace mais de très bon goût. Classiques de Chicago, notes un peu plus latino à la Los Amigos Invisibles et même un morceau des frenchies Next Evidence, tout y passe. Régulièrement, certains tentent de se hisser sur la scène, avant d’être gentiment priés de redescendre par la sécurité.
Point d’orgue ? Un remix du "French Kiss" de Lil'Louis enchaîné avec Kraftwerk. Tout le monde hurle, les bras en l’air. Un chanteur qui se déhanchait depuis 2 heures sur le bord de la scène saisit soudain un micro et improvise sur la musique. Il est déjà 4h00. Compacte et trempée, la salle est conquise.

Olivier Sibille
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Changes Extrait du dernier album Soundtrack From The Duality Double-Play
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