Original, les dix titres qui constituent ce nouvel album de Last Days of April s’étalent sur 99 plages. Dix pistes mise au carré pour autant de voies explorant un son rock penchant sur une pop tiraillée. Un album « suédois » réussi.
A la première écoute et dès l’entame de I wish that you would mean a lot less to me voir de Who’s on the phone, on discerne de manière filtrée un timbre de voix proche de celui de Loo Barlow (Dinosaur Jr.). Celui qui minaude et s’étouffe. Accompagné fréquemment d’un son grinçant, comme pour exprimer une déception, une rage latente qui se bat pour sortir de l’être qu’elle possède (Hanging high). Une atmosphère qui présage de longues vagues de pop aériennes à fleure de peau.
Ce quartet de Stockholm emmené par Karl Larsson affiche une expérience de dix années de collaboration. Des chiffres qui tombent toujours rond pour un cinquième album tourné vers des structures mélancoliques travaillées. Une dose d’affectif parfois réactive et rythmée version indie pop (Melbourne). Souvent soignées, les mélodies principales se marient avec des batteries pointilleuses, légères et filant droit. Le grain d’un son éclatant prédomine sur bon nombre de compositions (de You don’t believe me à Lost and found). On oserait presque la comparaison avec une autre grande vague indie pop / rock du moment. Celle qui officie au Canada et autres provinces du Québec. Arcade Fire ou Broken Social Scene peut-être ? Un album qui ne nous révèle rien de majeur, mais qui a le talent de se dérouler avec intelligence et humilité.