Parti enregistrer aux USA, Laurent Coq s’est entouré de Reuben Rogers (cb) et d’Otis Brown III (dm) pour réaliser ce disque. Ce pianiste en progression constante possède un sens aigu de la mélodie. Après écoute, on aura pas de mal à fredonner certains thèmes qui composent l’album. C’est le cas du fragile « C.H.W. » ou encore de « Barcelona » dont l’énergie rappelle par moment la frénésie d’Horace Silver.
Comme souvent dans les formations trio, chaque musicien révèle une identité forte. Le jeu tantôt syncopé tantôt en roulements du batteur apporte une ponctuation originale aux phrases de Ruben Rogers. La contrebasse suit avec rondeur et pesanteur l’harmonie élaborée par le soliste. Les improvisations en accords du pianiste et la qualité des renversements à la main gauche ouvrent avec élégance l’espace sonore du trio. Les morceaux changent de couleurs tandis que le tempo ne varie presque pas. L’esthétique générale s’en trouve épurée. Pour le plus grand plaisir de l’écoute. L’oreille se concentre sur la beauté des notes jouées. Clin d’œil à Claude Nougaro avec la reprise de « Toulouse » dont Laurent Coq offre une interprétation riche et subtile. On attend déjà ses prochaines créations.