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Laurent de Wilde au festival Factory |
Laurent de Wilde au festival Factory "Jazz electro"
Le jazzman Laurent de Wilde a envoûté le public du Festival Factory, à la Cigale (Paris, XVIIIe). Le pianiste mêle habilement acoustique et électronique avec son acolyte Otisto.
La salle est presque vide lorsqu’un pianiste boiteux entre en scène. Laurent de Wilde rompt rapidement le mystère. Il ne s’est pas transformé en robot ou en machine. Cette excroissance ? C’est juste un plâtre, gris et imposant. Le musicien a la cheville cassée et pourtant, il tournicote autour de son piano à queue pour en extraire des sons imprévus.
Casque sur les oreilles, tout comme son acolyte Otisto, fermement concentré derrière son ordinateur, le jazzman compose sous les yeux des spectateurs des morceaux étranges, intrigants et captivant. Les deux musiciens s’échangent régulièrement des gestes évocateurs : communication indispensable lorsque tout est conçu en direct.
Laurent de Wilde gratte les cordes de son instrument, balance des balles de tennis ou utilise le piano comme une percussion, Otisto enregistre et le son tourne en boucle. Le pianiste s’adonne alors à de petites mélodies douces… une agréable atmosphère de jazz sophistiquée par des sons bruts trafiqués par Otisto s’élance dans La Cigale (Paris, XVIIIe).
Chaque morceau évolue lentement pendant plusieurs minutes. Musique électronique pointue mêlée à de petites improvisations jazz. Laurent de Wilde prend des risques : « je ne voulais pas jouer ce morceau ce soir, je me disais : La Cigale, il faut essayer de faire du grand public. Otisto a insisté et m’a dit : tu verras ça va marcher. Et c’est vrai, je vous remercie ». L’artiste a osé expérimenter, une musique construite de manière intelligente, une vidéo en direct qui permet de comprendre comment les mélodies sont fabriquées. Laurent de Wilde se met à la portée d’un public conquis. Une petite heure de show qui met l’eau à la bouche. On aurait aimé que ce la dure, beaucoup, beaucoup, plus longtemps.
Photos : Sylvain Méric (sylvain@edenfactory.com)
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Alwa Deluze
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Festival Factory
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