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Reportage -
Laurent Garnier a la fleche d'or
Laurent Garnier a la fleche d'or "Retour réussi"
Après 20 ans de carrière, le plus célèbre dj français a délaissé les platines et les tables de mixage. Sur scène, il s’est entouré de musiciens pour une nouvelle série de concerts électro-jazz. Revue d'effectifs ce jeudi 15 février à la Flèche d'Or, à Paris.
20h : la queue est interminable sur le trottoir devant la Flèche d’Or. Le public a été prévenu : ce soir le concert est gratuit, mais il n’y aura pas de place pour tout le monde ! Même s’il s’est fait plutôt discret depuis quelques temps, c’est fou comme Laurent Garnier garde un pouvoir d’attraction. Et à 40 ans passés, sur la scène électro, il est malheureusement bien le seul. Pour son retour très attendu sur une scène parisienne, le dj français a délaissé les platines et les tables de mixage. Il a préféré s’entourer de musiciens en chair et en os : Philippe Nadaud (saxo, clarinette) et Benjamin Rippert (claviers). Une formation électro-jazz proche de celle de l’été dernier, qui l’avait vu écumer les festivals en compagnie du jazzman norvégien Bugge Wesseltoft (lire interview sur musiQualité) .
Et dès les premiers morceaux, la couleur est donnée. Nappes lourdes, solos de cuivres ou de piano sur fond d’images de synthèses signées Le Projectionniste : tout est très travaillé, plus mûr, plus posé. Beaucoup de titres ont été réarrangés. Après des passages jazzy (Barbiturik blues, Butterfly by dj Marky), le trio se permet tout de même une envolée techno dans un pur style "Détroit" qui met le feu à la salle. Avant de lui offrir quelques "tubes", dont le fameux Crispy Bacon et ses bourdonnements électriques psychotiques. Mais Laurent Garnier est encore meilleur quand il sort vraiment des sentiers battus. Par exemple avec une cette nouvelle version du titre First reaction (écrit à l’origine le 21 avril 2002), mélangeant drum-and-bass, saxo et spoken-word façon Gil Scott servi par un chanteur monté sur scène.
Pour finir, retour finalement à de vieux classiques, dont une magnifique version du morceau Acid Eiffel à la flûte traversière et un final explosif avec le désormais incontournable Man with the red face. Les deux heures de concert sont passées très vite et on ressort de la salle conquis. Au bout de 20 ans d’une carrière fabuleuse en tant que dj, Laurent Garnier a réussi à franchir le pas, à se révéler enfin sur scène en tant que musicien à part entière. On ne peut qu’applaudir. Et vous donner un petit conseil : la tournée continue encore au moins jusqu’à mi-avril. Il serait vraiment dommage de passer à côté !