On a parfois reproché à Laurent Garnier d’être certes un excellent dj, mais un musicien peu inspiré. Un artiste des platines capable de transporter les foules, mais un producteur aux compositions un peu trop « basiques ». Quelle erreur ! Depuis quelques années, délaissant la techno binaire pour le jazz et l’électronica (The Cloud making machine , 2005), sa musique a radicalement évolué. Entouré de brillants complices, privilégiant de plus en plus la scène aux cabines de dj des clubs, Laurent Garnier a enfin réussi à se révéler. En témoigne l’excellente tournée qui l’a mené jusqu’à ces derniers mois dans toute l’Europe, aux côtés du jazzman norvégien Bugge Wesseltoft (Lire interview ,) et de Philippe Nadaud et Benjamin Rippert (saxo, trompette, flûte, clarinette). Une série de concerts privilégiant l’improvisation et l’émotion. Une vraie réussite, dont certains des meilleurs moments ont été regroupés sur ce nouveau disque. Entre la Belgique, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, Arles ou Paris ,) Public Outburst nous permet de naviguer entre blues électronique (Barbiturik blues), drum-and-bass jazzy (First reactions), grands classiques (Man with the red face) et impros spoken word façon Detroit en compagnie de Spleen ou Mike Banks d’Underground Resistance (M Bass).
Petit bonus intéressant : deux vidéos, tournées au Pont du Gard et au festival Rock Werchter (Belgique) l’été dernier ont été ajoutées au tracklisting. Une façon de se replonger dans l’ambiance de la tournée, pour les malchanceux qui l’auraient manquée…